Publié le Samedi 19 Octobre 2013 à

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Hotton: Une bagarre, puis un coup de feu

N.P.

En mars 2010, le tenancier d’un café de Hotton tirait sur un client à l’aide d’une arme factice. Légitime défense ou agression gratuite ? Tireur et cibles ont comparu devant le tribunal correctionnel de Marche.


«
Le coup de feu était de la légitime défense,
» déclare l’avocat du tarvernier, M
e
 Lenelle.

N.P.

« Le coup de feu était de la légitime défense, » déclare l’avocat du tarvernier, M e Lenelle.

Heureusement, l’arme était factice, et ne tirait que des balles en caoutchouc. Mais la question demeure. Qui a commencé ? Car les circonstances qui entourent ce coup de feu et la bagarre au cours de laquelle il s’est produit sont floues. Deux versions s’affrontaient ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Marche. Tout d’abord celle du tireur, le tenancier d’un bar de Hotton. Le 26 mars 2010 en soirée, deux hommes seraient arrivés dans ledit café, plutôt éméchés. Vu leur comportement plutôt agressif, le tavernier a refusé de les servir. C’est là que tout aurait dérapé. «  Je n’ai jamais vu un tel déchaînement de violence  », témoigne le cafetier. Les deux hommes se seraient mis à jeter verres et tabourets, seraient passés par-dessus le bar, et auraient entrepris de tabasser le gérant. Plaqué au sol, celui-ci serait parvenu à saisir son arme et à tirer sur l’un des deux frères, avant de courir se réfugier dans l’arrière-boutique. «  Le coup de feu était de la légitime défense,  » déclare l’avocat du tarvernier, M e  Lenelle. Mais ce n’est là qu’une version. Car les deux frères tiennent un propos tout à fait différent. Selon eux, le cafetier leur aurait tiré dessus sans raison. «  Le cafetier a dû penser que nos clients venaient pour régler des comptes, alors que ce n’était pas vrai,  » déclare Me Maquel, avocat de l’homme touché par la balle en caoutchouc. Le deuxième frère se serait alors jeté sur le cafetier en réponse au tir, avant d’être maîtrisé puis roué de coups à l’aide d’un cendrier. «  Ce dossier n’est pas clair du tout,  » observe M e  Duquesne, l’avocat du deuxième frère. «  Tous les témoins sont des clients du bar et y ont leurs habitudes  », note M e  Maquel. «  Leurs déclarations sont donc à prendre avec des pincettes.  »

Tireur et cibles se retrouvent aujourd’hui sur le banc des prévenus. Si le parquet accrédite la version du cafetier, il n’en réclame par moins deux mois de prison et 600 euros d’amende à son encontre, le tout assorti d’un sursis. «  Je veux bien retenir la circonstance de provocation, mais pas celle de légitime défense,  » déclare le substitut. «  Quant aux frères, ils voudraient se présenter comme des victimes alors qu’ils sont à l’origine des coups.  » Le substitut réclame 8 mois d’emprisonnement et 600 euros d’amende pour chacun d’entre eux, le tout assorti d’un sursis pour moitié. Quant aux avocats, ils réclament tous l’acquittement pour leur client respectif. Au tribunal de se faire un avis.

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