Publié le Mercredi 13 Novembre 2013 à

Actualité > Belgique

Maggie De Block: «Je ne me sens responsable de la mort de personne»

M.SP.

Oui, la secrétaire d’État à l’Asile et à l’Immigration, Maggie De Block dort bien la nuit. Sa politique, elle l’assume pleinement. « J’ai fermé 6 centres et je compte continuer », nous dit-elle. « Vous pensez que c’est plus humain de laisser les gens à la rue ? Moi pas ! »

Aujourd’hui, vous cartonnez en Flandre dans les derniers sondages et vous volez la vedette à un certain Bart De Wever. Vous êtes l’ennemi nº1 de la N-VA. Cela fait plaisir non ?

« Je ne suis pas et je ne serai pas directement confrontée à Bart de Wever. Même en 2014. Il est à Anvers, moi pas, je suis dans le Brabant. Et battre De Wever ne fait certainement pas partie de mes priorités même si, clairement, j’apprécie que les gens votent pour moi ou reconnaissent mon travail. Et tout cela, c’est grâce à une équipe. Maintenant, quand j’ai vu que j’étais seconde dans les sondages, j’en ai parlé à mon mari. OK, j’ai une médaille d’argent en quelque sorte ce coup-ci. Mais mon époux m’a dit : « grimper d’une place, c’est encore assez facile. Mais tu dois savoir que le plus difficile, c’est de descendre. Tu peux très vite redescendre bien plus bas et très vite, n’oublie pas ça. » Je crois qu’il a raison. »

Votre rôle, c’est aussi principalement de renvoyer des gens dans leur pays. Des gens parfois en détresse. Vous n’avez donc pas de cœur ?

« Au contraire. À plusieurs reprises, on m’a dit que j’avais le cœur d’une maman et celui d’un médecin, ma profession à la base. Mon travail est de respecter un accord de gouvernement. Il y a des lois à respecter, je le fais. Je donne toujours la priorité aux départs volontaires et cela représente 40 % de nos dossiers. C’est une chose. L’autre chose, et je vous pose la question : est-ce plus humain, de laisser des demandeurs d’asile dans la rue ? Parce que c’est là qu’ils étaient. Moi, je suis convaincue que non. Nous répondons aux gens plus rapidement, même si c’est pour leur dire qu’ils sont expulsés. Et ça, pour moi, cela reste plus humain. »

Récemment, vous avez renvoyé un Afghan chez lui. Aref avait 20 ans. Il est mort dans son pays…

« Une fois encore, j’ai respecté la loi. Il avait un accompagnant quand il est rentré dans son pays et jamais nous n’avons connu les circonstances de sa mort. Vous savez, je ne me sens responsable de la mort de personne. Je regrette toujours un décès. Je vous rappelle que je suis médecin. Mais je n’y suis pour rien. C’est comme si vous accusiez la ministre de la Santé dès qu’il y a un mort dans un hôpital… »

Toute l’interview est à lire dans nos éditions de ce mercredi

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