Publié le Mercredi 27 Novembre 2013 à

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La Province du Hainaut, un des plus gros employeurs de Wallonie picarde

Daniel Foucart

La Province du Hainaut n’a pas bonne presse. Ni auprès des médias, ni auprès des observateurs politiques. « La mal aimée », dit le député provincial Serge Hustache. Le sujet de la dissolution des provinces revient souvent sur le tapis. La Province est pourtant un des plus gros pourvoyeurs d’emplois de Wallonie picarde : 1.420 agents, dont 806 enseignants. L’enseignement occupe 50 % du budget, suivi par les secteurs social et culturel. Le Hainaut a aussi fait des efforts budgétaires importants qui l’ont ramené dans le vert. Etat des lieux d’une institution méconnue et mal comprise.


Serge Hustache dans la cathédrale de Tournai qui est la propriété de la Province du Hainaut.

B.LIBERT

Serge Hustache dans la cathédrale de Tournai qui est la propriété de la Province du Hainaut.

Les 331.000 habitants de la Wallonie picarde représentent 25 % de la population hennuyère. Mais l’institution provinciale emploie et/ou gère 14 % de travailleurs wallons picards. « Une disproportion qui a des raisons historiques », explique le député provincial Serge Hustache. « Le service social est basé à Charleroi ; le service culturel à la Louvière et évidemment le service administratif à Mons, mais cela reste quand même 1.420 agents, ce qui place la Province dans le top des pourvoyeurs d’emploi. Mais il y a deux exceptions notables : Mouscron et Comines qui ont rejoint le Hainaut beaucoup plus tard alors que tout était déjà fait ».

La Province en Wallonie picarde, c’est surtout l’enseignement avec pas moins de quatre écoles à Tournai (deux établissements secondaires, l’IPES et l’IESPP ; un établissement supérieur, la haute école du Hainaut Condorcet et un centre de promotion sociale). Soit 806 enseignants qui certes sont payés par la Communauté française mais qui exercent dans des bâtiments provinciaux et sont encadrés par du personnel (entretien, administration, etc.) financé par le Hainaut. « Les bâtiments sont de très grande qualité. La Province y met les moyens. C’est ce qui fait sans doute la différence avec la Communauté française qui n’en a plus beaucoup », dit Serge Hustache.

Le service social, c’est le deuxième secteur provincial le plus visible en Wallonie picarde. Le député provincial cite un exemple du mépris dans lequel on tient parfois l’institution hennuyère : « le Moulin de la Hunelle à Chièvres, c’est une entreprise de travail adapté de 100 travailleurs dont 80 porteurs d’un handicap. Il est en boni et marche bien, mais on n’en parle plus alors qu’il a longtemps défrayé la chronique (NDLR : pour une histoire de caisse noire). C’est parfois frustrant ».

La culture et le tourisme font aussi partie des compétences provinciales. « Ils sont moins visibles que pour la Communauté française et la Région wallonne, car la Province n’a jamais la totalité d’une politique », fait remarquer le parlementaire originaire d’Ellezelles. « On me dit qu’il faudrait parfois sortir et agiter le drapeau provincial, mais ce n’est pas la reconnaissance qui est importante pour moi mais bien le respect et l’efficacité du travail qui est fait. On n’est pas sexy, mais ce n’est pas grave ».

Enfin Serge Hustache cite trois exemples de compétence provinciale, dont il est particulièrement fier. La cathédrale de Tournai, tout d’abord, propriété de la Province, qui est en pleine restauration : « c’est un dossier qui nous a donné davantage de visibilité. Heureusement que la Province était là pour la sauver, m’ont même dit des personnes qui n’étaient pas spécialement des défenseurs de l’institution ». Le centre de technologies avancées à Leuze, ensuite, « qui permet à des jeunes d’être en prise directe avec la technologie automobile ». Et la caserne des pompiers de Chièvres qui est un centre d’entraînement pour les hommes du feu unique en Belgique. « Et n’oublions pas que les policiers sont formés un peu plus loin à l’académie provinciale de police ».

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