Publié le Jeudi 6 Février 2014 à

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Wallonie Picarde: 2.700 chômeurs seront virés par l'ONEM d'ici un an

Rédaction en ligne

Plus de 2.700 personnes risquent de perdre leurs droits au chômage d’ici un an en Wallonie picarde. Le CPAS de Tournai, par exemple, s’attend à devoir verser 10 % de Revenus d’Intégration Sociale en plus à cause de ces exclusions. Alors, les CPAS s’interrogent : comment va-t-on financer ces dépenses supplémentaires ?


13
% des chômeurs de Wallonie picarde risquent de perdre leurs allocations chômage.

C.FERON

13 % des chômeurs de Wallonie picarde risquent de perdre leurs allocations chômage.

Deux mesures fédérales concernant les chômeurs posent problème. La première est la durée de l’allocation de chômage désormais limitée à trois ans, qui concerne plus de 2.700 personnes en Wallonie picarde.

À l’issue de cette période, ceux qui n’ont pas travaillé 12 mois sur 18 ou 18 mois sur 27 pourront demander le Revenu d’Intégration Sociale (RIS) s’ils sont chefs de ménage ou isolés.

La seconde est la réforme du stage d’attente, avec trois entretiens à l’ONEM pour justifier des recherches de travail. Si le jeune prouve qu’il cherche du travail, il a droit au chômage au bout de 12 mois. Sinon, il repart pour six mois supplémentaires en stage d’attente. On peut préciser que nombre de travailleurs précaires restent collés à cette allocation, faute d’avoir travaillé suffisamment longtemps.

Le but de ces réformes est clair : faire des économies.

En Wallonie picarde, on compte autour de 21.000 chômeurs indemnisés, dont 2.733 risquent l’exclusion de l’ONEM, sans compter les jeunes en stage d’attente. La CSC estime que 50 % des 3.000 jeunes de Wallonie picarde, en stage d’attente actuellement, seront bloqués pour toucher le chômage suite à la réforme.

On se situe donc dans notre région autour de 13 % des chômeurs qui pourraient perdre leur chômage (hors stages d’attente) d’ici un an.

Les communes les plus touchées chez nous seront Beloeil (17,5 % de chômeurs concernés), Antoing (16,6 %), Estaimpuis (16 %) et Péruwelz (15,5 %). D’autres seront relativement épargnées, comme Comines-Warneton (3 % de chômeurs risquent l’exclusion), Silly, Celles (5 %), Mont-de-L’Enclus (7 %), ou encore Mouscron (8,6 %).

Toutes ces personnes ne se retrouveront pas forcément au RIS, puisque seules les personnes isolées ou chef de famille peuvent y prétendre. Déjà, les CPAS se demandent comment ils parviendront à financer ces exclusions. Á Tournai par exemple, on estime qu’il y aura 10 % de RIS supplémentaires dans un an, uniquement à cause de cette réforme.

pas assez de boulot

Il faut donc faire des économies, dit le fédéral. Et pas sur les aides aux entreprises, mais sur les chômeurs.

Pas de chance, nous sommes en pleine crise économique, et il y a moins d’emplois aujourd’hui que par le passé.

«  Nous n’avons jamais créé aussi peu d’emplois depuis dix ans et il y a eu 25.389 pertes nettes d’emplois entre 2012 et 2013  », expliquait Pedro Rodriguez, responsable national des Travailleurs sans emploi de la CSC.

En Wallonie picarde, nous n’avons qu’une offre d’emploi publiée pour 46 chômeurs : autant dire qu’il est impossible de mettre tout le monde au travail, et encore moins dans un travail correctement rémunéré. En Wallonie, on se situe entre 30 et 50 demandeurs d’emploi pour une seule offre.

Les CPAS tentent de se faire entendre auprès du politique afin de limiter la casse, et les bourgmestres commencent à réagir eux aussi.

Mais les chômeurs concernés, eux, ne semblent pas réaliser ce qu’il est en train de se passer : «les gens ne réagissent pas beaucoup, c’est pour cela que nous essayons de les informer sur cette réforme  », nous dit-on du côté de la FGTB. «  On peut craindre que les gens ne réagiront que quand ils verront qu’ils n’ont rien reçu sur leur compte en banque  », craint Jean Peeters, secrétaire de la FGTB.

La CSC comme la FGTB vont donc organiser dans les jours à venir des séances d’information à destination des chômeurs (voir infra), et une manifestation est prévue le 10 mars afin de lutter contre ce moins disant social.

Les CPAS et les autorités communales tentent aussi de se faire entendre.

ceridwen roche 

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