Publié le Mardi 11 Février 2014 à

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Tournai: depuis 4 ans, les victimes de Buizingen ne vivent plus

Rédaction en ligne

Ce lundi matin, les victimes de la catastrophe de Buizingen ont voulu se faire entendre. Depuis 4 ans, elles sont dans le flou et attendent toujours la vérité sur les circonstances du drame. Parmi elles : Panayotis Andronikos, papa de Jerôme, décédé dans l’accident. Avec les navetteurs, il mène un autre combat : il veut plus de sécurité pour les voyageurs.


Parmi les 19 morts, des Wallons picards de Pommeroeul notamment...

Belga

Parmi les 19 morts, des Wallons picards de Pommeroeul notamment...

« Depuis le 15 février 2010, nous ne vivons plus, nous sommes confrontés à notre drame et à nos souffrances au quotidien. Nous éprouvons le besoin, depuis les premiers instants, de connaître les causes de la catastrophe qui a ôté la vie à notre fils, Jérôme ».

Jérôme avait 25 ans ce matin-là quand il est monté dans le train de 7h43, en direction de Liège. C’est Panayotis Andronikos, son père qui l’avait déposé à la gare. Après trois jours d’attente interminable, le verdict tombe. Il fait partie des 14 Montois et Borains qui ont trouvé la mort à Buizingen.

La vie de Panayotis bascule. « C’est une souffrance qui m’accompagne au quotidien, peu importe où je suis, je déplace mon mal avec moi. Je ne sais pas si j’arriverai à faire le deuil de mon fils un jour. Je n’ai jamais pris le train depuis. C’est une forme de lâcheté ? Je ne sais pas, mais j’ai peur. Même juste faire le trajet de la gare est une hantise… ». Afin de se relever de cette épreuve, Panayotis se dévoue corps et âme dans un autre combat : garantir plus de sécurité dans les trains. Les familles des victimes veulent aussi dénoncer le silence qui plane depuis 4 ans au-dessus de la catastrophe. Aucune information ne filtre sur l’avancement de l’enquête. « Ma priorité aujourd’hui, c’est de savoir ce qui s’est passé. On veut des réponses sur les causes. C’est urgent pour pouvoir prendre les mesures de sécurité qui s’imposent. On ne veut pas n’importe quelle vérité, mais celle qui fera avancer les choses ! »

Panayotis n’était pas le seul ce lundi matin à faire passer son message. À ses côtés, Anita Mahy, une rescapée de la catastrophe de Buizingen. Ce jour-là, elle faisait partie de ceux qui avaient une bonne étoile. Quatre ans après la collision, Anita est toujours traumatisée par ce sombre matin. « Je me sens en insécurité. J’ai toujours une crainte quand je prends le train. Je fais en sorte d’en prendre un autre que celui de 7h43 ». Quand Anita prend son courage à deux mains pour monter à bord, le trajet n’en est pas moins facile. « S’il y a des secousses, je m’accroche ça va, je supporte. Par contre, quand il y a des coups de frein je hurle, je panique, je m’accroche à la tablette et je deviens toute blanche. C’est quelque chose que j’aurai à vie je pense ».

Si Anita a eu de « la chance » ce fameux 15 février, elle milite aujourd’hui pour tous ceux qui ont trouvé la mort, mais aussi pour les navetteurs qui chaque jour empruntent les trains de la SNCB. Elle a monté une association : la catastrophe ferroviaire de Buizingen : plus jamais !

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