Qui est Wilfried Martens ?

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    L'ancien premier ministre Wilfried Martens (CD&V), opère un retour inattendu sur la scène intérieure belge, lui qui s'était essentiellement consacré au parlement européen depuis la fin d'une série record de gouvernements qu'il a dirigés dans les années '80 et '90.

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    Né le 19 avril 1936 à Sleidinge, au nord de Gand, dans une famille de petits exploitants agricoles, Wilfried Martens est l'aîné de 7 garçons et fut orphelin de père dès l'âge de sept ans. Il poursuivra des études secondaires et universitaires brillantes grâce à des bourses du gouvernement.

    Docteur en droit, licencié en notariat et bachelier en philosophie thomiste, Wilfried Martens se distinguera également, lors de son passage à Louvain, par son activité au sein de deux mouvements flamands, dont il a été président: l'association des étudiants flamands (VVS) et l'association des étudiants catholiques flamands (KVHV). Il était connu à cette époque pour son intransigeance linguistique: en compagnie du “ Jeugdkomitee ”, qu'il a fondé, il investira le pavillon français lors de l'exposition universelle de 1958. Peu après, il devient membre dirigeant et responsable de l'information du “ Vlaamse Volksbeweging ” (VVB), mouvement qui organisera les deux marches flamandes sur Bruxelles, lors des mois d'octobre 1960 et 1961.

    Vient ensuite la période des cabinets avec des passages successifs au sein des équipes de Pierre Harmel (1965) et Paul Vanden Boeynants (1966), tous deux Premier ministres. Entre-temps, Wilfried Martens s'est inscrit au barreau de Gand en tant qu'avocat et au CVP en 1963 alors qu'on s'attendait à le voir entrer à la VolksUnie (VU). Cinq ans plus tard, il devient, pour 4 ans, président des CVP-Jongeren, composé à l'époque du fameux “ wonder bureau ”, dont font, entre autres, partie Jean-Luc Dehaene et Miet Smet. Le 4 mars 1972, après un voyage d'études au département d'Etat américain, Wilfried Martens accède, à 35 ans, à la présidence du CVP, poste qu'il conservera jusqu'en 1979.

    Ses débuts à la Chambre

    En 1974, il entre à la Chambre des Représentants, et joue ensuite un rôle important en tant que Président du CVP dans les négociations sur le pacte d'Egmont-Stuyvenberg. C'est alors le début de la saga des gouvernements Martens. Martens I entre en fonction le 3 avril 1979, suivi, le 23 janvier 1980 de Martens II, le 18 mai 1980 de Martens III, le 22 octobre 1980 de Martens IV, le 17 décembre 1981 de Martens V, le 28 novembre 1985 de Martens VI, le 23 octobre 1987 de Martens VII.

    Après une centaine de jours d'informations, négociations et formation, le gouvernement Martens VIII sera mis sur pied en mai 1988, avec la complicité bien volontaire de Jean-Luc Dehaene, qualifié à l'époque de “ démineur ” et qui réunit la VU, les socialistes et sociaux-chrétiens flamands et francophones autour de la même table. Martens VIII explose en septembre 1991 plusieurs mois après la fin de la première Guerre du Golfe sur une bombe à retardement: licences d'exportations d'armes au Moyen-Orient. La VU quitte le gouvernement et Martens IX voit le jour sans elle pour quelques semaines. Le Premier ministre remet la démission du gouvernement au Roi le 4 octobre et le Parlement est dissous le 17 du même mois. Au cours de cette série record, l'avènement de Martens V constitue un tournant, puisque les sociaux-chrétiens font alors équipe avec les libéraux dans le gouvernement Martens-Gol.

    Très présent aussi au Parlement européen

    Sur le plan international, Wilfried Martens a été le co-fondateur en 1976 du Parti Populaire Européen (PPE) au Parlement européen. Il en devint président le 10 mai 1990. D'un point de vue personnel, sa santé fut marquée en 1983 par une opération chirurgicale au coeur, durant laquelle Jean Gol assurera l'intérim. En septembre dernier, ce père de cinq enfants a convolé pour ses troisièmes noces avec la ministre d'Etat Miet Smet (65 ans), sénatrice de Communauté et ancienne ministre CVP de l'Emploi.

    Critique envers la N-VA à la fin du cartel que le CD&V a formé avec les nationalistes sous l'autorité d'Yves Leterme, M. Martens a cependant reconnu avoir été parmi ceux qui avaient poussé M. Leterme à nourrir des ambitions fédérales. En tant que ministre d'Etat, il a été consulté par le roi à l'été 2007 au château de Laeken, à l'époque des négociations en vue de la formation d'un gouvernement orange-bleu qui ne vit jamais le jour.

    Partisan du fédéralisme d’union!

    Dans un autoportrait qu'il a publié en 1985 en compagnie de Frans Verleyen (“ Parole donnée ”), Wilfried Martens réaffirme ce qui est son credo politique - le “ fédéralisme d'union ” - et définit ce qui fait, à ses yeux, un homme politique: “ l'énergie de concevoir une grande idée et la réaliser, la compétence pour la traduire en textes et la capacité d'expliquer le problème en un langage humain. ” Plus récemment encore, en novembre 2007, Wilfried Martens a figuré parmi les signataires du “ pacte fédéral ” de l'association B-Plus. Ce texte reconnaît l'intérêt de maintenir un modèle fédéral belge tout en se positionnant en faveur d'une réforme de l'Etat “ équilibrée ”.