Demandeurs d’asile: Maggie De Block veut lutter contre l’abus et le détournement des procédures

La nouvelle secrétaire d’Etat en charge de l’Asile et de l’Immigration, Maggie De Block (Open Vld), a affiché mercredi sa volonté d’agir “de manière déterminée” contre les abus et la fraude en matière d’asile et de regroupement familial, tout en respectant les droits de chacun.

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Publié le 11/01 à 21h14

Présentant mercredi après-midi à la Chambre sa note de politique générale, la secrétaire d’Etat a indiqué vouloir lutter contre l’abus et le détournement des diverses procédures, et veiller à ce que les décisions finales prises par les autorités soient exécutées.

Lutter contre l’abus et le détournement

“Quiconque reçoit un ordre de quitter le territoire doit partir, de manière volontaire si possible ou de manière forcée si nécessaire”, a-t-elle insisté lors de sa prestation qui a également attiré de nombreux journalistes.

Novice en la matière -ce que lui ont d’ailleurs reproché certains députés d’opposition mercredi-, Mme De Block hérite d’un dossier particulièrement sensible. En 2011, la Belgique a fait face à plus de 25.000 demandes d’asile, soit le chiffre le plus haut depuis dix ans et une hausse de 53% par rapport à 2010, et ce alors que l’administration fait déjà face à un important retard.

Le délai moyen d’examen est actuellement de 13 mois. Une durée que le gouvernement s’est engagé à ramener à six mois dès 2012.

Pour y parvenir, Maggie De Block entend lutter contre les demandes multiples, encourager les retours volontaires, mais aussi poursuivre les campagnes visant à dissuader les étrangers de rallier la Belgique.

Comme son prédécesseur Melchior Wathelet l’avait fait, elle se rendra elle aussi dans différents pays tiers.

“Mon message y sera le suivant: notre procédure d’asile est courte.

Si l’on est débouté, le retour au pays est alors inévitable. Je veux en finir avec l’accueil dans des hôtels et les astreintes impressionnantes qui nous sont imposées”, a insisté Mme De Block.

Celle-ci entend mettre également bon ordre dans les procédures de régularisation pour raisons sanitaires, humanitaires, ainsi que le regroupement familial qui sont “largement détournées”, selon la secrétaire d’Etat.

Près de quatre heures de débat avec les députés

Son exposé a ensuite donné lieu à près de quatre heures de débat avec les députés.

Sans surprise, ceux de la majorité ont apporté leur soutien à la politique de Maggie De Block mais avec des accents différents selon les partis.

L’opposition s’est, elle, montrée sans beaucoup plus de surprise nettement plus critique, mais ici aussi avec de très fortes nuances.

Ainsi, selon Théo Francken (N-VA), les changements annoncés mercredi par Maggie De Block ont de fortes chances de rester lettre morte, celle-ci n’ayant pas reçu les fonds nécessaires pour mettre en oeuvre sa politique d’expulsion, selon l’élu nationaliste.

L’Ecolo Zoé Genot a aussi pointé l’absence de budget supplémentaire, notamment pour réduire les délais moyens d’examen des demandes d’asile.

“Nous sommes aussi pour une procédure plus rapide, mais à condition qu’elle soit de qualité. Or, ce n’est pas avec des moyens en légère diminution que le service d’asile pourra travailler plus vite! Il y a six ans déjà, Patrick Dewael avait promis de ramener le délai d’examen à six mois...”, a-t-elle fustigé.

Olivier Maingain (FDF) a lui déploré le manque de dimension européenne à la réflexion menée par Mme De Block, critiquant dans la foulée l’absence “d’objectifs chiffrés et de délais précis” dans ce programme.

Face à ces critiques, et dans l’attente du contrôle budgétaire de février prochain, la secrétaire d’Etat a assuré qu’elle se “battrait” pour obtenir les fonds nécessaires à la réalisation de sa politique.