Korn à l’Ancienne Belgique: toujours leader malgré les rides
publié le 02/10/2010 à 19h07
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L’Ancienne Belgique s’était habillée de noir, ce vendredi, pour fêter l’arrivée de l’automne. Korn, groupe qui remplissait encore Forest National et Paris-Bercy il y a une grosse dizaine d’années, revenait à ses premières amours.
CHRISTOPHE VAN IMPE
En 1996, les Californiens de Bakersfield avaient déjà investi une première fois la salle bruxelloise lors de la sortie du terrible et introspectif “ Life is Peachy ”, après un premier passage en Belgique remarqué sur la plaine du Pukkelpop. Jonathan Davis et cie venaient alors d’inventer le néo-metal, veine dans laquelle allaient ensuite s’engouffrer une multitude de groupes des excellents Deftones à System of a Down en passant par quelques supercheries commerciales comme Linkin Park, Papa Roach ou Crazytown.
Bref, Korn a été un précurseur, sans jamais faire attention à tous ces suiveurs qui essayaient de prendre la roue. “ Follow the Leader ”, comme ils scandaient à la fin du siècle dernier. Les riffs démentiels, le chant tantôt lancinant tantôt épileptique, les touches hip-hop, les textes torturés et les trainings Adidas à paillettes, c’est eux. Quinze ans plus tard, leur metal n’a forcément plus grand-chose de néo.
Jonathan Davis, ex-croque mort de formation, porte un peu moins bien le survêt’qu’à l’époque. Exit David Silveria (le batteur) et Brian “ Head ” Welch (le guitariste, qui a quitté le groupe pour des raisons mystiques et religieuses).
De la formation originale, outre le sieur Jonathan, il ne reste que James Shaffer, le deuxième guitariste, et Fieldy, la bassiste fan de hip-hop. Ce dernier, doyen de la bande, n’a plus grand-chose du “ bad boy west-coast ” qu’il était à la grande époque. Non seulement il a perdu son bide à hot-dogs mais, en plus, on aurait carrément aperçu des poils grisonnant dans sa barbe!
Musicalement, Korn n’a par contre pas pris une ride. Le dernier album, sobrement intitulé “ Korn III ” en référence au nombre de membres originels encore présents, sonne comme un retour aux sources. En live, les nouveaux morceaux passent le cap. Mais ce sont évidemment les pépites du premier album qui font toujours le plus d’effet.
Le parquet de l’AB se souviendra encore longtemps de l’enchaînement “ Blind ” et “ Shoot and Ladders ”, deux morceaux issus de cet album éponyme datant déjà de 1994. Dès les premières notes de “ Blind ”, c’est une impressionnante vague humaine qui a dévasté le public jusqu’au milieu de la salle. Il fallait bien quelques morceaux plus calmes de “ Issues ” comme “ Falling away from me ” ou “ Got the Life ” pour permettre à tout le monde de reprendre son souffle.
On regrettera juste que le groupe ait complètement oublié “ Life is Peachy ”. Même pas un petit “ A.D.I.D.A.S. ”, qui n’aurait pourtant pas dénoté sur la setlist.
Après un concert d’une platitude inouïe à la Lotto Arena il y a deux ans, Korn s’est réconcilié avec le public belge, dans une salle qui lui convient finalement bien mieux.
Dimmu Borgir, en première partie, a par contre déçu. Avec des costumes dignes des méchants de la parade de Mickey à Disneyland et une overdose de claviers et de voix claires, les Norvégiens n’ont décidément plus de black metal que le nom. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais on est désormais très loin du “ true norvegian black metal ”. A l’instar de Cradle of Filth, ce groupe-là ne fait plus peur à personne...