Soignies: Une Asbl pour aider les autistes

Paul Dascotte, avec son fils Thomas.

Paul Dascotte, avec son fils Thomas.
    Depuis cinq ans, Paul Dascotte se bat au sein de son ASBL “ Les enfants de la différence ” à Soignies. Il est président et fondateur de l’ASBL. Objectif: la sensibilisation du public à l’autisme et un meilleur encadrement des enfants en souffrance.

    Rédaction en ligne

    M.Dascotte, vous avez trois enfants. L’un d’eux, Thomas est autiste. Quand l’avez-vous appris?

    On a découvert ce problème très tard, après de nombreux examens. Thomas avait six ans.

    Connaissiez-vous ce problème?

    Pas du tout. Je me suis retrouvé désemparé et impuissant. Je ne connaissais aucune organisation qui s’occupait de ces enfants.

    C’est comme ça que vous avez eu l’idée de créer l’ASBL...

    Oui. J’ai rencontré d’autres parents, tout aussi déphasés que moi face à la situation. On s’est rendu compte qu’il fallait qu’on bouge parce que personne n’allait le faire à notre place. Les pouvoirs ne semblent pas s’en préoccuper. Quels sont les principaux problèmes auxquels sont confrontés les enfants autistes?

    Ils ont des problèmes de communication et de rapport au corps. Pour eux, parler à quelqu’un ou se mouvoir ne va pas de soi. Il y a évidemment des degrés d’autisme, ce qui explique que certains paraissent moins atteints que d’autres.

    Comme Thomas, qui parle bien et est éveillé...

    Oui. Thomas parle bien et il a une mémoire photographique assez impressionnante. Le problème de Thomas se situe au niveau de son comportement. Si on ne fait pas ce qu’il veut tout de suite et de la manière dont il le veut, il a du mal à s’adapter.

    On a l’image de l’autiste qui part en “ crise ” et qui devient incontrôlable. C’est une réalité?

    Oui. On apprend à le gérer. Dans ce genre de situation, je prends du recul. Je ne suis plus son père, je ne dois pas être touché par ses paroles. Je suis là pour lui et faire en sorte qu’il aille mieux. Je me couche sur lui et j’attends qu’il se calme peu à peu. Mais il progresse beaucoup.

    Le regard des autres est aussi un élément à gérer...

    Les gens ne se rendent pas compte. On ne voit pas sur le visage d’un enfant qu’il est autiste, à l’inverse des trisomiques. Au supermarché, si Thomas fait une crise, les gens me regardent de travers comme si mon fils était mal éduqué et que je ne savais pas le contrôler. C’est l’ignorance qui mène les gens à juger les enfants et à subir les moqueries.

    L’ASBL travaille sur cette sensibilisation et aussi sur les progrès des enfants via les activités du dimanche...

    En effet. Ils sont en contact avec d’autres enfants. Nous leur proposons des activités adaptées: natation, athlétisme, escalade, hippothérapie et maintenant, Tae do. C’est très important pour eux et leurs parents.

    L’ASBL est victime de son succès puisqu’elle accueille de plus en plus d’enfants autistes, mais aussi trisomiques.

    On s’est rendu compte que les enfants trisomiques et autistes se rejoignaient sur certains aspects, dont le rapport aux autres. Ils sont tous différents, dans leurs réactions et leur handicap. Mais en travaillant ensemble, ils progressent beaucoup. Comme il n’existe pas de structures pour eux, il y a même des gens de Bruxelles qui nous appellent.

    Comment sont financées vos activités?

    On ne reçoit rien de l’État. Les activités fonctionnent grâce aux bénévoles et aux moniteurs, comme les professeurs de Tae Do. Nous recevons également des dons de privés et nous sommes beaucoup aidés par des associations comme le Kiwanis, le Lions Club, le Rotary, le Soroptimiste et encore d’autres. Mais on a tellement d’idées et d’envies pour les aider et sensibiliser...Nous invitons les gens à visiter notre site ou à m’appeler (N.D.L.R.: voir haut de page)