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Votre Internet paralysé par les Russes? Impossible, mais gare à vos mails

Des terroristes voire des… Russes pourraient-ils saboter Internet comme cela semble avoir été le cas pour le gaz avec l’attaque sur NordStream ? « Non », répond Axel Legay qui est expert en cybercriminalité.

« Pour ce qui est du gaz et de Nord Stream, il suffisait de couper les vannes », avance le professeur à l’UCLouvain. « Ou alors, c’est que les Russes, s’il s’agit bien des Russes, veulent montrer à l’Europe qu’ils sont capables de le faire ». Tout cela reste à prouver. Mais revenons à ce qui vous intéresse. Votre liaison Internet peut-elle être coupée à cause d’un sabotage ?

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« C’est encore plus compliqué que pour le gaz. Il y a des centaines et des centaines de câbles sous-marins qui relient les continents entre eux. Ils sont placés au fond des mers, des océans à même le sol. Ils ne sont pas plus grands que de simples tuyaux d’arrosage et sont protégés par des systèmes de défense précaires. Il ne faut pas les confondre avec les câbles terrestres qui relient les pays par le sol. C’est par exemple le cas de la Belgique avec la France ».

Des fils coupés en mer ? Cela peut arriver, de manière fortuite. « Parfois, des bateaux de pêche en sectionnent. Cela peut poser un problème au niveau de la surcharge du trafic car quand un câble est sectionné, le trafic va sur un autre. Un pays isolé comme l’Australie est bien plus dépendant que les autres ».

Mais de là à imaginer les Russes, ou d’autres nations, s’attaquant à ces câbles, il y a une fameuse différence avec nos simples pêcheurs. « Il en faudrait, des sous-marins, pour empêcher qu’Internet fonctionne. Et encore, ils devraient se rendre dans des eaux où ils ne sont pas toujours les bienvenus. Ils seraient repérés. Donc, ma réponse est ‘non’ à votre question de savoir si les Russes, ou d’autres, sont capables de neutraliser Internet. Par contre, comme pour le gaz, ils pourraient montrer qu’ils sont capables de s’attaquer à l’un ou l’autre câble. Mais, je le répète, pas à tous ».

« Le risque informatique est toujours là »

Il y a quelques mois, peu après l’agression russe en Ukraine, l’expert en cybercriminalité avait évoqué le risque d’attaques informatiques venant du pays de Poutine. Est-ce toujours le cas aujourd’hui ? « Oui. Il n’y a jamais eu autant d’e-mails de phishing et d’attaques sur les entreprises. Ce sont des choses qui ne se disent pas ». Tous ne viennent pas de Russie. « Elles viennent aussi de ses alliés, de Chine et aussi d’opportunistes. Cela peut être votre voisin qui a l’air d’un saint. Regardez le cas de ce coiffeur breton qui a été arrêté à Las Vegas lors d’un concours ». Un coiffeur barbier cybercriminel qui cachait bien son jeu !

La Belgique reste un pays potentiellement cible. « De par sa position, du siège de l’Otan et de la Commission européenne qui sont à Bruxelles. On l’a bien vu récemment avec Pégase. Les logiciels de tous les députés avaient dû être vérifiés ». Axel Legay conclut par un montant : six mille milliards de dollars. « C’est le coût de la cybercriminalité dans le monde en 2021 ».

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