Beachie, le dauphin mâle du Seapark à Bruges «ne va pas bien!» selon les militants

C’est ainsi que débute la pétition lancée il y a 2 ans par le mouvement freedolphinsbelgium pour faire fermer le delphinarium du Seapark de Bruges. Le parc accueille 6 dauphins : 1 mâle et 5 femelles. Si le mouvement réclame la libération de tous les dauphins, Yvon Godefroid, fervent défenseur des dauphins, est particulièrement inquiet du sort de Beachie, le seul mâle. « Dernièrement, il a fait une infection pulmonaire assez grave. J’ai des sources qui m’ont dit que Beachie était particulièrement stressé, qu’il n’obéissait pas, qu’il était perdu. Il vient des USA. Il est le seul mâle et il est très mal accepté par les femelles beaucoup plus dominatrices. Depuis qu’il est là, il n’a pas réussi à se reproduire. Tous ses enfants sont mort-nés. Ça signifie quelque chose… Je suis allé le voir le dernier dimanche d’avril. Il se fait enguirlander pendant les spectacles parce qu’il ne fait rien de bien. Clairement, on voit que ce dauphin ne va pas bien ! », déclare-t-il.

Ann De Greef, directrice de GAIA est également de cet avis « Nous, on est pour la fermeture du delphinarium de Bruges comme de tous les delphinariums… Mais malheureusement, les politiques ne nous suivent pas », explique-t-elle. Depuis 2 ans, un groupe de travail étudie la question avec la ministre Onkelinx qui s’occupe du bien être animal. Début janvier, ils sont arrivés à un compromis. « Il y a eu des discussions pendant des années et malheureusement le compromis n’a pas été la fermeture du delphinarium. L’idéal pour les animaux, c’est d’être dans la nature et dans l’océan », déplore la directrice de GAIA. Le parc devra par contre se moderniser. « On a obtenu qu’à terme, le delphinarium construise un parcours extérieur pour les animaux car pour l’instant ils ne voient jamais le soleil, ils n’ont pas d’eau de mer, ils n’ont aucun enrichissement », explique Ann De Greef.

Depuis 2008, il est tout de même à noter que 6 dauphins sont décédés dans ce delphinarium. En 2008, c’est Milo, 9 ans. Infection dentaire. En octobre 2010, mort du bébé de Yotta in utero. En août 2011, les jumeaux de Roxanne. Le premier est mort in utero, le second à la naissance. En janvier 2012, mort de Flo, 13 ans. Enfin, Bruce, fils de Roxanne né le lundi 3 septembre 2013. Il est mort 4 jours plus tard.

Seapark se défend, expliquant que 3 dauphins sont nés chez eux en 2003 et que le taux de mortalité des dauphins est de 50 % la première année de leur vie. C’est donc normal qu’il y ait des décès, tout comme il y a des naissances.

Cependant, « ces animaux ne sont pas faits pour être gardés en captivité. Dans la nature, ils vivent sur plusieurs kilomètres carrés et plongent à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Il suffit de comparer avec ce qu’ils ont à Bruges… Ils ont notamment beaucoup de problèmes de stress. Les gens pensent qu’ils sont bien car du coup ils ne sont pas chassés. Mais ce n’est pas parce qu’un animal ne souffre pas physiquement qu’il ne souffre pas mentalement et psychologiquement. Le problème, c’est l’ennui, la frustration. Tant que les gens achèteront des tickets, ces endroits continueront d’exister. Ils continuent de soutenir la détention et la souffrance de ces êtres  », conclut la présidente de GAIA.

Réaction de la Seapark

Et la responsable du parc confirme les changements qui ont commencé : « Nous avons mis en place un nouveau système de filtration de l’eau et de l’air. Dans 10 ans, on va faire un bassin dehors. Le delphinarium actuel est couvert. Ainsi, ils auront aussi un accès à l’extérieur. Par ailleurs, GAIA dit que les animaux ne sont pas dans de bonnes conditions mais nous, nous avons parlé avec des vétérinaires, des scientifiques qui disent le contraire. Nous avons le permis pour avoir ces dauphins, nous suivons la loi belge, nous sommes membres de la seule organisation en Europe qui est indépendante et qui veut que tous les mammifères marins soient détenus dans de bonnes conditions. Ils ont fait une grande étude dans notre delphinarium pour voir si tout était ok. Les lois de cette organisation sont plus sévères que les lois belges ! On va aussi donner plus d’informations à notre public, le sensibiliser. On a un nouveau programme pour les écoles, plus éducatif », explique-t-elle.