Ciplet: la maison de l’horreur où André Cornet a été assassiné, est à l’abandon

La maison de Ciplet où tout s’est déroulé est aujourd’hui à l’abandon, rappelant chaque jour l’horreur qu’a vécu l’opticien. La jolie petite rue Reine Astrid à Ciplet (Braives) a connu il y a quatre années un drame dont tout le monde a entendu parler. L’opticien André Cornet y a été assassiné suite à la commande de sa compagne, Rita Bigattini.

La charmante maison que le couple habitait est aujourd’hui à l’abandon. Le jardin est rempli de hautes herbes. A tel point que le voisin envisage d’appeler la commune pour faire faucher le terrain. Et pour cause, Maître Wilmotte, l’avocat des parties civiles a demandé la saisie conservatoire de l’immeuble. «Nous sommes en discussion pour ce qui est des dédommagements. Mes clientes ont déjà eu une partie des sommes. Mais les investissements consentis par André Cornet dans la maison qui appartient à Rita Bigattini font aussi partie de la succession. C’est pour cette raison que la maison n’est toujours pas vendue. En théorie, si mes clientes reçoivent les sommes qui leur sont dues, Mme Bigattini restera propriétaire de son bien», explique l’avocat hutois.

Demain, cela fera exactement 4 ans qu’André Cornet a été assassiné, d’une balle à bout portant. C’était le 17 juin 2010 et les proches d’André Cornet ne s’en sont toujours pas remis.

Claire Hardenne était l’associée d’André dans leur magasin à Hannut. Un an après la fin de la cour d’Assises, elle affirme que cette affaire a changé sa vie, son regard sur les gens. «Je suis marquée à jamais par ce qui s’est passé. Nous arrivons à proximité du 17 juin. Chaque année, c’est difficile. Je vais encore sortir mon stand pour la braderie, en me souvenant que quelques années plus tôt, j’appelais André, inquiète de ne pas le voir arriver. Les clients, les gens qui le connaissaient viendront aussi me parler de lui. Personne n’a oublié».

Claire Hardenne se souvient de ce procès, très long, auquel elle a assisté, aux côtés des soeurs d’André Cornet. «Nous nous sommes beaucoup vues à ce moment-là. Ça a créé des liens entre nous. Nous avons vécu la douloureuse expérience de voir notre peine chiffrée, froidement. Mais ce n’était pas le plus important». En effet, durant le procès, Claire Hardenne et la famille d’André Cornet espéraient surtout entendre la vérité sur ce qui s’était réellement passé. « Nous en avons appris une partie. C’est certain, mais nous ne saurons jamais tout. Pour savoir qui a tiré ce fameux coup à bout portant, par exemple, ils se rejettent tous la responsabilité. Et puis, il faut se souvenir que les prévenus comparaissaient libres. Donc il est arrivé qu’on se retrouve en terrasse, sur le temps de midi, avec ces personnes à quelques mètres de nous».

Du coup, Claire Hardenne avoue qu’elle ne voit plus les gens de la même façon:

«Au début, quand je croisais des gens dans la rue, je me disais qu’ils avaient l’air normal,mais qu’il était possible qu’ils aient tué quelqu’un. Je me disais que les gens étaient capables de tout. Avec le temps, je me rends compte que je relativise aussi beaucoup plus les choses. J’ai été victime d’un vol de marchandises dans ma voiture par la suite. Je l’ai moins mal pris que je ne l’aurais fait avant. Par contre, je n’ai pas eu le courage d’aller au tribunal ».