Centenaire de la Première Guerre mondiale: une cérémonie émouvante devant le Monument interallié de Cointe (photos + vidéos)

Le roi, en costume noir, et la reine, vêtue d’une robe bleu-gris aux manches trois quart, sont à leur tour arrivés à Cointe après avoir accueilli l’ensemble des hauts représentants étrangers qui ont fait le déplacement. Leur arrivée a été accompagnée au son de la Brabançonne.

Les souverains ont été précédés par le président français François Hollande, le prince William et la princesse Kate, représentant le Royaume Uni, mais aussi par le roi Felipe VI d’Espagne et Joachim Gauck, le président allemand. Tous sont installés sur une estrade surplombant l’esplanade au pied de la tour du Mémorial.

Après une revue des troupes, le gouverneur de la province de Liège Michel Foret a pris la parole, saluant notamment sa reconnaissance à l’organisation des cérémonies à Liège, avant la projection d’un film.

Le roi Philippe a ensuite prononcé un discours, en prélude à d’autres, dont un de François Hollande, de Joachim Gauck, du duc de Cambridge et d’Elio Di Rupo.

« La paix n’est pas seulement l’absence de guerre »

Le roi Philippe a salué lundi le rôle de l’Union européenne dans l’établissement de la paix durable qui prévaut entre ses Etats membres, après des siècles de conflits qui ont ensanglanté le Vieux Continent.

« La paix n’est pas seulement l’absence de guerre. La paix est bien plus que cela. Pour être durable, elle doit reposer sur un projet commun qui lie d’une façon nouvelle ceux qu’elle engage. Elle appelle à la création de solidarités, elle repose sur le tissage de liens plus étroits entre les peuples et le dialogue respectueux entre les nations. Elle dépend aussi de la qualité et du degré de confiance entre les responsables politiques des différents pays », a-t-il affirmé devant un parterre de représentants rassemblés au mémorial interallié de Cointe, symbole de la reconnaissance des alliés à la ville de Liège pour sa résistance en août 1914.

« Il faudra attendre la création de l’Union européenne, pour que ce regard nouveau prévale entre plusieurs Etats européens, ce qui assurera enfin des décennies de paix aux Etats qui en font partie », a ajouté le souverain.

(Photo : Belga/Bruno Fahy)

« Le souvenir de la Première Guerre mondiale nous donne à réfléchir à la responsabilité des dirigeants et aux décisions qu’ils peuvent prendre pour préserver la paix et rapprocher les peuples. Ce défi reste aujourd’hui un enjeu majeur », a-t-il poursuivi.

Selon le roi, « la mémoire européenne nous rappelle qu’aucune paix ne peut être durable sans un état d’esprit qui surpasse la souffrance endurée, qui dépasse la question de la culpabilité et qui se tourne résolument vers l’avenir ».

« L’Europe pacifiée, l’Europe unifiée, l’Europe démocratique. Nos grands-parents en ont rêvé. Nous l’avons aujourd’hui. Chérissons-la, et continuons à l’améliorer. Continuons ensemble à porter à travers le monde le message que la paix durable passe par une véritable réconciliation et un projet commun », a-t-il conclu.

Coups de canon et déjeuner au palais provincial

Pauline, dix ans, s’est avancée vers le roi pour lâcher un ballon blanc à midi au Mémorial interallié de Cointe à Liège, en guise de conclusion à la cérémonie commémorant le centenaire de l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes.

(Photo : Photo News/Chris Jackson)

L’événement, sobre et axé sur la réconciliation, a pris fin peu après midi. Les souverains, suivis par les présidents français et allemand, le roi d’Espagne Felipe VI, le duc et la duchesse de Cambridge ont pris le chemin du palais provincial, où ils seront reçus pour un déjeuner.

Après une série de discours symboliques, clotûrés par deux coups de canon, le roi Philippe a déposé une gerbe de roses blanches devant une plaque commémorative. La fillette, symbole de la transmission de la mémoire aux générations futures, a ensuite lancé un ballon blanc, représentant la paix et a tenu la main du souverain pour parcourir l’esplanade. Des milliers de ballons se sont ensuite élancés dans le ciel, aux couleurs des pays invités.

Douze coups de canon ont sonné la fin des cérémonies, avant une interprétaion de «l’Ode à la joie», par le choeur d’enfants La Schola et Le Trimarrant, l’Hymne européen, par la musqiue royale de la Force aérienne et la Brabançonne.

Parmi les pays invités figuraient ceux ayant eu des combattants sur le sol belge mais aussi les belligerants. D’autres pays neutres, comme l’Espagne, étaient représentés. L’Espagne a en effet été le premier pays à acheminer à l’époque des vivres vers la Belgique occupée.

Les autres hauts représentants doivent aussi quitter les lieux, sur un interlude musical.