Robin Williams s’est bien suicidé: l’acteur s’est pendu avec une ceinture et a entaillé un de ses poignets

Les premiers résultats de l’enquête sur la mort de Robin Williams vont dans le sens d’un suicide, a indiqué la police, qui a précisé que l’acteur a été retrouvé pendu avec une ceinture et avait un poignet entaillé.

Ces coupures ne sont toutefois pas la cause principale de son décès, attribué « principalement » à « un suicide dû à l’asphyxie à cause d’une pendaison », a déclaré le lieutenant Keith Boyd lors d’une conférence de presse, notant qu’il n’y avait pas de « traces de lutte » apparentes, mais que l’enquête se poursuivait.

Il a précisé que le poignet gauche de l’acteur était également entaillé et qu’un couteau avait été trouvé près de lui mais que ces « blessures superficielles », n’étaient pas la principale raison de son décès.

L’officier de police a décrit les derniers détails de la vie du légendaire comédien, qui avait 63 ans, était marié et avait trois enfants.

Lundi vers 11H55, un appel d’urgence a été donné et un « adulte mâle inconscient ne respirant plus a été localisé » chez lui, à Tiburon, une ville près de San Francisco, à l’ouest des Etats-Unis.

Cet homme a été déclaré mort sept minutes plus tard et « identifié comme étant Robin Williams ». Les informations disponibles indiquent qu’il « avait cherché à être aidé pour (soigner sa) dépression ».

C’est sa femme qui l’avait vu vivant la veille au soir à 22H30 avant d’aller se coucher et quand elle a quitté leur domicile le lendemain matin elle le « pensait encore endormi ».

L’assistant personnel du comédien a donné l’alerte après qu’il eut tapé à sa porte sans obtenir de réponse vers 11H45 locales.

Il l’a trouvé avec une « ceinture fermée autour de son cou », et avec un couteau à côté de lui.

Robin Williams était l’un des plus grands acteurs américains, avec une carrière courant sur quatre décennies, récompensée notamment par un Oscar en 1998 pour « Will Hunting ».

« Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire ! » : la fille de l’acteur Zelda Williams a emprunté les mots du Petit Prince en hommage à son père, dans un message sur le réseau social Twitter.

« Je t’aime. Tu me manques. J’essaierai de continuer à regarder en l’air. Z », a ajouté la jeune femme de 25 ans.

Sur son compte Facebook, le chroniqueur de RTL, Michel Henrion, livre d’autres détails :

Bourreau de travail

Selon le professeur Michel Reynaud, chef du département de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Paul Brousse près de Paris, « les artistes sont souvent des gens plus sensibles, ressentant plus fortement les émotions. Cela fait en général des écrivains, des poètes, des musiciens, des acteurs de grande qualité, mais derrière des êtres souvent anxieux, déprimés, angoissés, bipolaires ».

Robin Williams lui-même avait parlé ouvertement par le passé de ses batailles avec l’alcool et la drogue et ce bourreau de travail, qui a encore trois films en post-production pour les quelques mois à venir, avait avoué être retombé dans l’alcoolisme pour tenir face à son rythme de travail.

Il avait déclaré un jour : « La cocaïne est une manière pour Dieu de vous faire comprendre que vous gagnez trop d’argent ».

Des fans ont déposé fleurs et messages sur son étoile d’Hollywood Boulevard à Los Angeles, ainsi que sur un banc de Boston (nord-est) que l’on voit dans « Will Hunting ».

Anonymes, pairs du showbiz américain, président des Etats-Unis, ont rendu hommage au « génie comique », à sa gentillesse, à ses talents d’improvisation et d’imitation, à sa générosité, à ses engagements, à sa capacité à jouer des rôles profondément émouvants, totalement déjantés ou à l’inverse absolument effrayants.

La comédienne Goldie Hawn a écrit sur Twitter « Oh Robin… Nos coeurs sont brisés. Repose en paix. Nous t’aimions », tandis que l’acteur Jamie Fox a ajouté « que Dieu bénisse Robin Williams. Un dieu de la comédie, irremplaçable ».

Jusqu’au ministre de la défense Chuck Hagel qui l’a salué au nom de dizaines de milliers d’anciens combattants, qu’il est souvent allé divertir en Irak et en Afghanistan pendant la guerre.

Un hommage clin d’oeil pour celui qui est devenu mondialement célèbre dans son rôle de DJ de radio militaire hurlant « Good morning Vietnam » pour réveiller les soldats américains en Indochine.

L’Académie du cinéma, qui lui a décerné un Oscar pour son rôle dans « Will Hunting » (1997), a tweeté un sobre « Génie, tu es libre », accompagné d’une vignette extraite du film d’animation de Disney « Aladdin », un personnage auquel Robin Williams avait prêté sa voix.

Son avant-dernier tweet le 30 juillet --le dernier date du lendemain pour souhaiter un joyeux anniversaire à Zelda-- était consacré au troisième volet de « La nuit au musée », qui doit sortir en salles d’ici la fin de l’année.

« Premier coup d’oeil au nouveau +La nuit au musée : le Secret des pharaons+. J’espère que vous allez aimer », écrivait-il alors.

Il avait également plusieurs projets à des stades moins avancés.

En particulier, la suite du cultissime « Madame Doubtfire » (1993), où il campait un père divorcé se métamorphosant en vieille gouvernante un peu loufoque pour être proche de ses enfants, à l’insu de tous. Mais le projet, qui devait entrer en production en 2015, a été annulé dès l’annonce de la disparition de l’acteur.