Le 15 août 1974, il y a 40 ans, c’était la catastrophe ferroviaire de Luttre, avec 18 morts et une soixantaine de blessés

Ce jeudi-là, la Fête de l’Assomption s’achevait avec l’espoir que le soir apporterait un peu d’air respirable quand, soudain, à Luttre, le calme de la fin de cette chaude journée était déchiré par les rugissements des sirènes d’alarme des ambulances, des pompiers, de la Protection civile… Le train de la ligne 124, Charleroi-Bruxelles, venait de dérailler sur le pont de Bruxelles, au-dessus du canal. il était 19h12, c’était à Luttre.

Sur place, c’est l’apocalypse: dans un infernal fracas de métal broyé, le train de voyageurs, sorti de ses rails, s’était jeté sur les infrastructures d’acier de l’ouvrage, les pulvérisant, une voiture menaçant même de culbuter dans les eaux du canal Charleroi-Bruxelles.

Les habitants de la rue de Ronquières et ceux de la place de Luttre vécurent des scènes épouvantables mais certains d’entre eux n’hésitèrent pas à apporter les premiers secours et, notamment, à sauver d’une noyade certaine des voyageurs qui, pour se soustraire à l’enfer du train en feu, avaient préféré se jeter à l’eau!

Aujourd’hui encore, des habitants de Luttre nous ont confié se souvenir de leurs parents, arrivés parmi les premiers sur place, et qui avaient fait ce qu’ils pouvaient, avant l’arrivée des secours. «Je me souviens avoir vu des survivants, blessés et hurler», confie ainsi Régis, 14 ans à l’époque.

«Mon père était parti sur place. Lui et d’autres habitants ont sorti des victimes des voitures tordues. C’était effrayant.» Le père de Régis, comme plusieurs autres sauveteurs improvisés, se verront décorés, pour actes de bravoure.Finalement, on dénombra 18 morts et une soixantaine de blessés.

Comme il fallait s’y attendre, l’enquête sur les causes de la catastrophe donna lieu à de longs débats d’experts: vitesse exagérée du train (certains évoquant une moyenne de plus de 110 kilomètres/heure), rail tordu par la chaleur… Et, finalement, le tribunal estima que la température exceptionnellement élevée avait entraîné une déformation de la voie sur le pont de Bruxelles provoquant le déraillement du train. Et la SNCB indemnisa les parties civiles.