Jette: menaces antisémites et d’attentat dans le tram

Nouvel incident antisémite dans notre capitale. Après la brutale agression d’une septuagénaire qui avait annoncé son nom à consonance juive à la sortie des bureaux de la maison communale d’Ixelles, voici quelques jours, c’est dans un tram de la ligne 51, à Jette, qu’un nouveau fait est survenu.

« Cela s’est passé ce mercredi 10 septembre vers 16h », nous raconte Michel Luyckx, un psychologue de 54 ans habitant Jette. « J’avais pris le tram à Uccle dans le bas de la chaussée d’Alsemberg pour rentrer vers Jette et, quelques arrêts avant l’avenue Charles Woeste, un individu est entré, âgé de 40 ans et de type arabe, en jeans et blouson. Quand soudain, il a élevé la voix pour s’indigner que des musulmans se faisaient tuer en Irak. Et que la Belgique ne faisait rien car elle était gouvernée par des Juifs, qu’il faudrait tous tuer ! Puis en lançant : « Vous allez voir, cela va péter à Bruxelles ! »

Et Michel Luyckx de s’étonner : « Je lisais alors simplement mon journal et j’ai écouté en bronchant du regard. Mais ce qui me surprend, c’est que j’ai été le seul à réagir à ces propos antisémites et de menaces d’attentat… Personne d’autre ne bougeait ! Et quand il a croisé mon regard, sans que je dise un mot, l’homme m’a lancé : Sale Juif, tu me regardes… Descends avec moi, on va s’expliquer ! »

Effectivement, Michel Luyckx est descendu discrètement après la sortie de ce passager menaçant, dans le but de savoir où il se rendait, mais il a perdu sa trace. « Je réalise qu’un type du genre Nemmouche (NDLR : l’auteur présumé de l’attentat du musée juif) ne va pas annoncer ainsi dans un tram qu’il va faire sauter une bombe, mais je trouvais ces propos menaçants inquiétants dans le contexte actuel. C’est pourquoi je l’ai suivi. Je m’en serais voulu à vie si quelque chose de grave était survenu ensuite, sans avoir rien fait. »

Les propos antisémites ont aussi heurté notre interlocuteur. «  Je ne suis absolument pas de confession juive, mais cela ne change rien au fait  », dit-il. « À ce moment-là, je me suis senti juif ! » Michel Luyckx a aussitôt appelé le numéro 112 des urgences, qui l’ont dirigé vers le commissariat local de la police de Jette, dès mercredi soir. Mais il n’a pas dépassé le hall d’accueil, où on n’a pas estimé devoir acter sa déclaration, le policier de faction se contentant de prendre son identité et ses coordonnées sur un post-it, pour le coller sur son bureau… D’où son appel ensuite à la Ligue contre l’Antisémitisme.