La kétamine, la drogue qui fait fureur chez les ados belges

Cet anesthésiant puissant, utilisé par les vétérinaires et les médecins sous intraveineuse, elle existe aussi sous forme de poudre à sniffer. Et c’est sous cette forme qu’elle connaît un succès grandissant depuis quelques années, dans le monde de la nuit. Aux côtés de l’ecstasy, la cocaïne et les amphétamines, cette drogue très puissante crée une sorte de dissociation entre le corps et l’esprit. Une sensation planante à laquelle certains peuvent devenir accros.

Arrivée dans les années 2000 en Belgique, la kétamine connaît un succès croissant. Elle est par contre difficile à se procurer. « Il s’agit souvent de vol de produits, ou de détournement », note Michaël Hogge, chargé des projets épidémiologiques chez Eurotox, l’observatoire des drogues en communauté française.

En moyenne, les chiffres d’Eurotox montrent que 4 % de personnes interrogées dans le milieu festif avaient consommé de la kétamine. Ils n’étaient qu’1 % il y a 5 ans. Les cas d’intoxication à la kétamine signalés au centre Antipoisons sont par contre stables. Une étude récente du CRIOC (Centre de Recherche et d’Information des Organismes de Consommateurs) avait établi qu’un jeune sur 25 avait déjà essayé la kétamine en Belgique.

VENUE DE CHINE ET D’INDE

Et comme la kétamine est difficile à trouver, des produits de synthèse fabriqués dans des laboratoires clandestins en Chine et en Inde, comme la méthoxétamine, sont mis sur le marché et disponibles via internet. L’an dernier, Eurotox a ainsi dû lancer une alerte après l’intoxication d’un patient à la méthoxétamine. Cette drogue avait fait d’autres intoxications, et quelques décès, en Europe.