Un piano à 100.000 euros disparaît de Val Duchesse: il atterrit chez un particulier qui ne veut pas le rendre à l’Etat

Mais comment un piano dont le prix tourne autour des 100.000 euros en fonction des modèles a atterri chez un inconnu ? Alors que la justice bruxelloise juge ces jours-ci des corrompus à la Régie des Bâtiments (nos précédentes éditions), beaucoup s’interrogent : le piano a-t-il pris sciemment la direction du Nord du pays ? Ou alors s’agit-il d’une simple erreur de livraison ?

Un piano inutilisé

Car, à la base, l’instrument végétait dans le château de Val Duchesse, à Auderghem, en Région bruxelloise, une résidence gérée par les Affaires étrangères où elles organisent des réceptions pour des hôtes étrangers par exemple. Selon nos informations, le piano commençait à prendre la poussière. Inutilisé, pas mis en valeur, ordre est récemment donné de l’envoyer dans un dépôt central. Une société arrive quelque temps plus tard, le charge. Et puis, plus rien.

Jusqu’au jour où on s’inquiète. Les services effectuent des recherches et apprennent que le piano n’est pas au dépôt mais a été livré chez un entrepreneur anversois. Celui-ci est identifié. Mais l’affaire est sensible car on soupçonne non pas un couac mais un arrangement. Un cadeau en quelque sorte. « En attendant, personne ne s’est dit qu’il s’agissait du patrimoine de l’État et qu’il fallait s’enquérir du cheminement de la livraison », nous souffle une source.

Une enquête ouverte sur les responsables

L’affaire dérange au point qu’une enquête interne a été ouverte pour tenter de déterminer ce qu’il s’est réellement passé. « S’il s’avère qu’il y a eu erreur, des mesures seront prises », à l’encontre des fonctionnaires fautifs indique Joren Vandeweyer, porte-parole du SPF Affaires étrangères, sans donner plus de précisions. Blâme ? Licenciement ? Trop tôt pour le dire. « La firme de livraison sera également invitée à s’expliquer », ajoute le porte-parole.

Outre l’enquête, tout est mis en œuvre pour faire pression sur le nouveau propriétaire, volontaire ou non, du piano. «  Nous avons donné une deadline à cette personne », ajoute Joren Vandeweyer. « Il a jusqu’au mercredi 15 octobre pour rendre le piano. » Au-delà de cette date, des poursuites judiciaires seront entamées. « C’est en tous les cas la première fois qu’un tel événement se produit », assure Joren Vandeweyer. « Et au SPF, nous ne sommes vraiment pas contents. »