La Louvière: ils travaillent dans les garderies ou comme surveillants... mais ils vont perdre leur boulot avec leur droit au chômage

On n’est pas dans la fiction. Bérangère, Kathy, Gina et Dominique sont quatre travailleurs engagés comme ALE par la Ville de La Louvière. Certains travaillent depuis 2008 comme surveillants de garderie dans les écoles communales de La Louvière, d’autres depuis un an. Ils ont tous suivi une formation d’auxiliaire de l’enfance pendant deux mois à Format 21 et sur le terrain. Ce sont un peu les anges gardiens de vos enfants dans les écoles. Ils ont l’œil à tout pour aider la direction et les enseignants dans leur tâche de garderie et assurer leur sécurité.

Peur de tout perdre

Comme ALE, ils peuvent travailler un maximum de 630 heures par an. Par heure, ils touchent 4,10 euros. Ce qui fait, selon les cas, un revenu d’environ 200-230 euros par mois. Jusque fin de cette année, ils touchent aussi 400 euros d’allocations d’insertion. Soit un revenu mensuel tournant autour des 600-650 euros. Mais l’angoisse les étreint. Au 1er janvier, ils seront exclus de tout. Plus d’Onem et pas de possibilité de se retourner vers le CPAS car ils sont, souvent, des cohabitants et leurs conjoint(e)s touchent plus de 1.089 euros ! « Nous tirons la sonnette d’alarme car notre situation est catastrophique. »

Ces travailleurs ont pour certains quatre ou six enfants ! Ils ne demandent pas l’aumône. Ils veulent que la Ville de La Louvière renouvelle leurs contrats ou les engagent à mi-temps. « Depuis des mois et des mois, nous avons frappé à toutes les portes : Jacques Gobert, Olga Zrihen, Françoise Ghiot, Olivier Destrebecq, mais rien ne bouge » s’indignent-ils. Et il est moins deux !

« Le paradoxe, c’est que la Ville devra quand même engager des surveillants de garderie. On va nous enlever de ce travail pour en mettre d’autres alors que nous avons l’expérience et que nos directions d’école, les enseignants et les parents nous soutiennent. Les enfants sont attachés à nous. La commune, via le service scolaire, ne fera aucune économie en nous mettant dehors. Nous sommes les victimes d’une législation aveugle avec des conséquences très graves pour nos familles. »

Sans compter que, selon les dires de ces ALE, la commune a fait des demandes de recrutement cet été pour des surveillants de garderie et qu’elle peine à en trouver : «  Il y a pénurie. » Ces travailleurs ont aussi demandé de transformer les ALE en titres-services, mais c’est impossible.

Ils se lèvent tôt

Dire que ces travailleurs ALE sont impliqués dans leur métier, c’est un euphémisme. « On se lève à 5h45. Nous avons des horaires coupés puisque nous nous rendons dans les écoles trois fois par jour pour assurer les garderies. » Et ils répondent présents, souvent bénévolement, pour toutes les activités liées à leurs écoles. Bref, ils adorent leur métier et les enfants le leur rendent bien. Ils nous montrent des messages des écoliers: « Trop triste sans toi. Tu nous fais rire… »

« Nous sommes des chômeurs vaillants. Les ALE, c’est une réinsertion. Nous avons pris ce chemin et maintenant on ne veut plus de nous alors que nous voulons nous en sortir. C’est se foutre de notre gueule… »

Le PTB qui soutient ces travailleurs interpellera le Collège lundi au conseil communal. « Pour que la Ville fasse quelque chose pour leur trouver un contrat », résume Antoine Hermant.