En ce momentDiables RougesCoupe du monde 2022CTR AwardsPermis de conduire Accueil

Dell’Area (Tilleur): «Après l’exploit, il nous faut un miracle»

Tilleur se prépare à vivre un samedi magique. Dans le cadre du cinquième tour de Coupe de Belgique, il reçoit l’Union Saint-Gilloise. Nul doute que Buraufosse sera en effervescence, autant que Gaëtan Dell’Area, un président aux anges qui assume tous ses choix.

Président, vous voilà au cinquième tour de la Coupe de Belgique. Et pour ne rien gâcher, vous allez recevoir l’Union Saint-Gilloise. Que vous inspire cette rencontre qui opposera deux clubs illustres de notre Royaume ?

Le prestige ! Si Tilleur a un passé glorieux, l’Union dispose également d’une très grande renommée. Tout le monde connaît ce club. Moi aussi bien entendu, même si je suis un peu trop jeune pour avoir connu ses grandes années. Je suis quelqu’un de relativement nostalgique de caractère, je trouve donc formidable de pouvoir à nouveau assister à une telle affiche. Il est indéniable que tirer une Division 2 Amateurs ou une Division 3 Amateurs aurait augmenté nos chances de réussite, mais parmi les clubs de Division 1 B, nous ne pouvions espérer meilleur tirage.

Nous n’y sommes pas encore, mais si vous parvenez à atteindre le tour suivant, vous pourriez vous mesurer à une Division 1A. Est-ce votre objectif ultime ?

Il est certain que je rêve de passer. Mais l’Union évolue tout de même quatre divisions au-dessus de nous ! Nous sommes parvenus à créer un exploit face à Deinze, là, nous aurons besoin d’un miracle ! S’il survenait, Le Standard serait assurément l’adversaire espéré. Non seulement parce qu’il s’agit du plus grand club de la région, mais également parce que j’entretiens d’excellentes relations avec sa direction et certains membres de son équipe première. Ils sont nombreux à venir régulièrement manger dans mon restaurant.

Pourquoi avoir opté pour disputer cette rencontre le samedi à 16h ?

Je ne vais pas le cacher, c’est dans le but d’avoir le plus de monde possible au stade. Dimanche, il y a le Grand Prix de Belgique, le Standard qui se déplace à Bruges, les provinciales et les Divisions Amateurs qui jouent… Pouvoir proposer une telle affiche aux gens le samedi me paraissait le plus adéquat pour tout le monde. Et ce n’est pas une affaire de recette, même si j’aimerais qu’elle soit belle, puisque je n’augmenterai pas le prix des entrées pour la cause. Ce sera 10 euros, comme lors des autres matches, par respect pour tous les sympathisants de Tilleur. Je voulais effectuer ce geste. Je tiens d’ailleurs à souligner le soutien dont a fait preuve la commune et le chef de la zone de police qui nous ont permis de changer la date du match, en accord avec le président et l’entraîneur de l’Union.

Marc Grosjean, le coach de l’Union, est originaire de la région liégeoise. Le connaissez-vous personnellement ?

Bien sûr, il vient régulièrement manger dans mon établissement. Il était aussi présent à Buraufosse face à Hoogstraten. Cette confrontation n’en est que plus savoureuse encore. Lorsque le tirage au sort fut effectué, il y a de cela quelques semaines, j’avais pointé que nous pourrions affronter son équipe et je m’étais empressé de lui dire lors d’un souper. Il avait été très enthousiaste à l’idée de pouvoir disputer cette affiche. C’est chose faite et il est enchanté.

Votre joie en fut d’autant plus grande lorsque Julien Meunier a inscrit le but victorieux lors des prolongations face à Hoogstraten…

Ce fut une libération ! A 0-1, je me suis retourné vers Quentin Falcione, notre directeur sportif, pour lui dire qu’il fallait mieux encaisser tôt dans la partie car nous serions capables de remonter. Je n’ai jamais craint que les joueurs baissent les bras.

D’où venait cette confiance indéfectible en vos joueurs ?

J’ai des guerriers, tout simplement. Notre effectif est composé de vrais hommes. Des gars qui donnent leur vie sur le terrain. Je le vois, il y a une discipline qui s’est installée. Ce n’est pas une équipe de salon comme j’avais la saison dernière.

Vous y allez peut-être un peu fort…

Non, je n’ai jamais constaté de sentiment de révolte la saison dernière. Certains joueurs ne faisaient pas le poids, les adversaires les jetaient par terre ! Nous avons effectué le mercato en conséquence.

Mais avant cela vous avez congédié des joueurs le soir même de votre défaite au tour final via SMS. Pourquoi une telle réaction ?

Je vais mettre les choses au point à ce sujet. Je suis rentré dans le vestiaire après ce revers. Les têtes étaient basses. J’estimais que les joueurs m’avaient manqué de respect en prestant comme ils l’avaient fait. C’était à mon tour de leur manquer de respect. Je leur ai dit que le soir-même, certains d’entre eux recevraient un SMS leur signifiant qu’ils ne feraient plus partie du club. Ils savaient donc à quoi s’en tenir. Je les avais prévenus. J’ai alors rédigé un message poliment. Je l’ai ensuite transféré à Quentin Falcione pour qu’il l’envoie aux joueurs concernés à 23h. Quentin s’est étonné de l’heure mais je lui ai expliqué que si moi, j’allais passer une mauvaise nuit, eux le devais aussi !

Vous avez donc décidé de faire le ménage dans le vestiaire, pourquoi Christophe Kinet, votre entraîneur, a-t-il, lui, conservé votre confiance ?

Il l’a toute entière. Je vois ce qu’il demande aux joueurs, comment il travaille. J’estime qu’il effectue son boulot correctement. Il possède de grandes qualités mais il faut lui laisser le temps de mettre les choses en place, ne pas lui imposer de pression inutile. Par contre, il ne doit pas se planter cette saison ! Il en est d’ailleurs le premier conscient. Il y a quelques semaines, il m’a affirmé qu’il n’avait jamais dirigé une si bonne équipe, même lors de son époque liégeoise, et que s’il ne rencontrait pas l’objectif du club, qui est la montée, il devait être mis dehors.

Votre début de campagne en Coupe de Belgique vous donne en tous cas raison. Mais ne craignez-vous pas que le revers de la médaille est que vos joueurs soient émoussés pour le début de championnat ?

On dit souvent qu’aller loin en Coupe entraîne un contrecoup dans la foulée. Mais cette saison, en championnat, nous disposerons de 30 rencontres plus 26. Il s’agit donc de 4 matches de plus pour se rattraper. Si nous devions flotter un peu à la reprise de la compétition, ce ne devrait pas être trop grave. Mais entendons-nous, je ne parle pas d’un début catastrophique mais d’un flottement éventuel. Je pense cependant que ce ne devrait pas être le cas avec cet effectif. D’autant qu’il risque aussi d’être super motivé après une belle rencontre face à l’Union !

J.V.

Abonnement La Meuse, La Nouvelle Gazette, La Province, Nord Eclair et La Capitale