Un mort et 300 passagers, dont 3 Belges, prisonniers d’un ferry en feu au large de l’Albanie: la situation est «sous contrôle» (photos + vidéos)

«Tôt ce 28 décembre, un incendie s’est déclaré sur le ferry Norman Atlantic battant pavillon italien, propriété de la société Visemar di Navigazione et affrété par (la compagnie de ferries grecque, ndlr) Anek, qui effectuait la liaison Patras-Igoumenitsa-Ancône», a expliqué Anek dans un communiqué dimanche matin.

(Photo EPA)

L’incendie s’est déclaré sur le navire »alors qu’il se trouvait à 35 milles au nord de l’île de Corfou, dans les eaux internationales avec 422 passagers à son bord et les 56 membres de l’équipage«, a ajouté la compagnie. L’incident s’est déroulé dans le canal d’Otrante entre l’Italie et la Grèce.

Des patrouilleurs, remorqueurs, bateaux-pompes et hélicoptères grecs et italiens, aidés en fin de journée par des bâtiments albanais, et des navires marchands présents sur la zone, ont participé toute la journée aux secours, par une mer et un vent très forts. Vers 18h30, seules 165 personnes avaient été récupérées.

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Un passager grec (il y avait bord 268 Grecs dont 34 membres de l’équipage), qui avait glissé en bas d’une rampe d’évacuation avec son épouse, a été retrouvé mort par les garde-côtes italiens, malgré des tentatives de sauvetage par hélicoptère. La femme a pu être transportée à Brindisi, en Italie.

Le remorquage a commencé

Les garde-côtes italiens ont annoncé en début de soirée qu’un remorqueur, le Marietta Barretta, était parvenu à s’arrimer au Norman Atlantic.

Un passager grec, Nikos Papatheodossiou, a affirmé à la chaîne de télévision Mega que le remorquage avait commencé. «Nous avançons à deux ou trois milles à l’heure, le bateau penche, il y a beaucoup de fumée, et nous ne savons pas combien de temps on va tenir», a déclaré M. Papatheodossiou. Il a indiqué que tous les enfants (une quarantaine selon le calcul de l’AFP) avaient été évacués.

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Selon le ministre de la Mer, Miltiadis Varvitsiotis, le remorquage a bien commencé. Mais il a indiqué ne pas connaître «la décision des Italiens quant à sa destination» qui pourrait être l’Italie ou l’Albanie. M. Varvitsiotis a souligné que l’Albanie était «beaucoup plus proche», mais s’en est remis à la décision des sauveteurs italiens qui «connaissent mieux la situation».

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Le ministre grec de la Défense Nikos Dendias a indiqué que «le pire n’était pas la nuit, mais la pluie« qui empêche les secours aériens de travailler». Mais il espérait que, vers 21h00, la météo s’améliorerait. Dans la journée déjà, le porte-parole de la marine italienne Riccardo Rizzotto avait évoqué des »conditions météorogiques si mauvaises que nous avons besoin d’un soutien extraordinaire".

«Nous avons froid»

A bord du ferry se trouvaient des personnes de 26 nationalités différentes, dont, outre les Grecs, des Turcs (54) des Italiens (44), des Albanais (22) des Allemands (18), des Suisses (10), des Français (9), mais aussi des Russes, des Autrichiens, des Britanniques, des Néerlandais ainsi que trois Belges.

Une certaine panique s’est d’abord emparée des passagers. Mega a diffusé une vidéo amateur montrant le pont réservé aux automobiles en flammes. L’épouse d’un des cuisiniers a indiqué avoir reçu vers 09h00 GMT un coup de fil de son mari qui était terrifié. «Je ne peux plus respirer, nous allons tous brûler comme des rats, que Dieu nous aide», criait-il au téléphone.

Des passagers joints peu après par les médias grecs semblaient moins effrayés par le feu lui-même, évoquant des flammes »qui diminuent«, que par leur situation très difficile au milieu de la mer déchaînée.

(Photo Reuters)

«Nous sommes tous sur le pont, nous sommes mouillés, nous avons froid, nous toussons à cause de la fumée, il y a des femmes, des enfants et des personnes âgées», a ainsi indiqué, l’air très fatigué, un de ces passagers, Giorgos Styliaras. «Nos chaussures commençaient à fondre, dans la cabine de réception», a raconté au même média un autre passager.

(Photo EPA)

Situation «sous contrôle»

La compagnie grecque de ferries Anek a assuré dimanche soir que la situation de son ferry «Norman Atlantic», victime depuis la nuit précédente d’un incendie qui a entraîné la mort d’un passager, était «sous contrôle» vers 18h30. Il n’y a plus «que de la fumée», a indiqué son porte-parole à l’agence de presse grecque ANA, et «une nouvelle tentative est en cours pour que d’autres bateaux s’approchent du Norman Atlantic afin de récupérer les passagers au moyen d’échelles de corde».

La compagnie grecque, qui loue le ferry à son propriétaire italien, a confirmé qu’un remorquage du bateau avait commencé mais «s’est arrêté car la corde du remorqueur a cassé». Un peu plus tôt, les garde-côtes italiens avaient affirmé que le remorqueur Marietta Barretta avait réussi à s’arrimer au ferry.

La destination du navire, dont seules 167 des 478 personnes présentes à son bord avaient pu être évacuées dans la soirée, n’était pas claire, a confirmé Anek. Selon elle, «les autorités italiennes continuent à insister pour remorquer le bateau vers Brindisi», en Italie, alors que l’Albanie est beaucoup plus proche.

Par ailleurs, selon Carlo Visentini, qui dirige la société italienne propriétaire du ferry, celui-ci venait de passer avec succès une récente inspection, consécutive à une réparation sur une porte coupe-feu défectueuse.

L’inspection a eu lieu le 19 décembre dans le port grec de Patras. «Des essais ont confirmé que le navire était en parfait état de marche», a-t-il dit à l’agence de presse italienne ANSA.

«Les inspecteurs avaient découvert un petit défaut dans une des portes coupe-feu, la numéro 112, située sur le pont 5, celui sur lequel le feu s’est déclaré, selon nos informations», a poursuivi M. Visentini. «Cela a été immédiatement réparé, les inspecteurs étaient satisfaits, et le bateau a pu continuer à naviguer», a-t-il assuré.

Le «Norman Atlantic«, construit en 2009 et mesurant 186 mètres de long, peut accueillir 492 passagers, selon des sites internet spécialisés. Il était donc presque plein au moment de l’accident.