Frank Brinsolara, Ahmed Merabet, Mustapha Ourad, Frédéric Boisseau: portraits des victimes anonymes de Charlie Hebdo

Franck Brinsolaro avait 48 ans et était chargé de la protection de Charb depuis déjà plusieurs années. Il venait de se marier à une journaliste de « L’Eveil normand ». Il était papa d’une petite fille d’un an.

Ahmed Merabet, lui, était gardien de la paix, affecté au commissariat central du XIe arrondissement. Il a tiré sur les terroristes pour tenter de les arrêter et s’est fait tirer dessus aussi. Il était grièvement blessé et un des tireurs est revenu sur ses pas pour l’achever. L’homme de 41 ans était de confession musulmane. Il venait de réussir la qualification d'officier de police judiciaire.

Mustapha Ourad, 60 ans. Né en Algérie, Mustapha Ourad était arrivé en France à l’âge de 20 ans et avait obtenu la nationalité française il y a un mois. Il travaillait à Charlie Hebdo comme correcteur-relecteur. Il était orphelin et n’avait de famille, mais de nombreux amis aujourd’hui sous le choc.

Elsa Cayat, 54 ans, est la seule femme victime de cette attaque sanglante. Elsa Cayat était psychanalyste et auteure de plusieurs essais et livres sur le désir et la sexualité. Elle écrivait un article, une fois toutes les deux semaines, dans Charlie Hebdo. «Je sais que les assassins ont demandé à leurs victimes de se lever et de décliner leur identité. Comme elle était juive, je ne peux m’empêcher de penser qu’elle a été tuée pour cette raison», a confié sa cousine, la productrice de cinéma Sophie Bramly, dans le Parisien.

Bernard Maris, 69 ans. Économiste, écrivain et journaliste, il avait une rubrique financière chaque semaine sur France Inter et collaborait notamment à Charlie Hebdo. Veuf depuis deux ans, Oncle Bernard (son nom d’auteur) avait retrouvé l’amour il y a peu.

Michel Renaud, 68 ans. Cet habitant de Clermont-Ferrand avait mis sur pied un festival de carnets de voyage. En novembre, il y avait invité Cabu. Et c’était pour lui rendre ses dessins, qu’il avait été invité à participer à la réunion de rédaction de ce mercredi.

Fréderic Boisseau, 42 ans. Agent de maintenance chez Sodexo depuis 15 ans, il travaillait dans le hall d’entrée de Charlie Hebdo lorsqu’il a été tué. Il laisse une femme et deux enfants de 10 et 12 ans.