L’Union Européenne lance deux nouvelles missions en Afrique: au Mali et en Centrafrique

L’Union européenne a approuvé lundi le lancement de deux nouvelles missions en Afrique, l’une pour entraîner la police malienne et l’autre visant à conseiller la réforme de l’armée centrafricaine, dans deux pays en proie à des violences persistantes.

Les ministres des Affaires étrangères des 28 ont décidé de lancer une seconde mission au Mali, destinée à renforcer la capacité des forces de sécurité intérieure maliennes, ont-ils annoncé dans une déclaration.

Baptisée EUCAP Sahel Mali, cette mission aura pour principal objet de permettre aux autorités maliennes de «restaurer et maintenir l’autorité et la légitimité de l’État sur l’ensemble du territoire malien». Elle travaillera en coopération avec les trois services chargés du maintien de l’ordre au Mali (la police, la gendarmerie et la garde nationale), précise le texte.

L’UE mène déjà une mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) lancée dans la foulée de l’intervention française Serval qui avait permis de repousser début 2013 les groupes armés qui avaient envahi le nord du pays et qui menaçaient de conquérir tout le pays.

La nouvelle mission «aidera à apporter une solution à long terme aux défis de sécurité auxquels est confronté le Mali», a assuré la haute représentante pour la politique étrangère et de sécurité de l’UE, Federica Mogherini, citée par la déclaration.

Basée à Bamako, EUCAP Sahel Mali durera au moins jusqu’à la mi-janvier 2017 et sera dotée d’un budget de 11,4 millions d’euros pour la première année. Son principe avait déjà été approuvé par les ministres européens de la Défense en avril dernier et les préparatifs sont en cours depuis lors.

Les ministres ont par ailleurs établi lundi une «Mission militaire européenne de conseil» en République centrafricaine (EUMAM RCA). Elle vise à soutenir les efforts entrepris par les autorités de Bangui pour préparer une réforme du secteur de sécurité et en particulier dans la gestion des Forces armées centrafricaines (FACA).

La nouvelle mission prendra la relève de la force européenne en Centrafrique (Eufor RCA), qui contribue à assurer la sécurité dans la capitale, Bangui - aux côtés de l’opération française Sangaris et des Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en RCA (Minusca) -, et dont le mandat expire le 15 mars prochain.

Elle aura une durée initiale de douze mois à partir du moment où elle sera pleinement opérationnelle.

«L’EUMAM conseillera (les autorités centrafricaines) sur les réformes nécessaires pour rendre les FACA davantage multi-ethniques, professionnelles et républicaines», a commenté Mme Mogherini.

Le quartier-général de l’EUMAM sera installé à Bangui et le général de brigade français Dominique Laugel a été désigné pour commander la mission, avec un état-major d’une soixantaine de personnes. Le budget pour la phase de préparation et de la première année est estimé à 7,9 millions d’euros.

Une décision définitive du Conseil européen sera nécessaire pour le lancement effectif des activités de l’EUMAM.

Depuis le renversement du président François Bozizé et la prise du pouvoir en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka, la Centrafrique a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent. La crise a fait plusieurs milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés selon l’ONU, qui a parlé de crimes contre l’humanité dans un rapport publié début janvier.

L’UE mène aussi dans la région une mission de renforcement des capacités au Niger (EUCAP Sahel Niger).