Vingt-cinq ans de prison réclamés pour le prêtre belge pédophile, Eric Dejaeger, qui a agressé sexuellement 24 enfants au Canada

Eric Dejaeger, un ancien prêtre belge d’une communauté catholique des oblats, avait été reconnu coupable en septembre dernier de 24 faits d’agression sexuelle sur des enfants autochtones par un tribunal du Nunavut. Il avait au préalable plaidé coupable pour 8 cas sur un total de 80 chefs d’inculpation.

L’homme, âgé de 67 ans et qui était arrivé en mission dans le grand nord canadien dans les années 1970, a été traduit en justice pour l’abus sexuel d’enfants d’Igloolik, au Canada, il y a plus de trente ans. Durant le procès, plus de 40 personnes sont venues témoigner, parfois encore très choquées.

L’audience sur la peine donne en outre l’opportunité aux victimes d’expliquer quel impact physique, émotionnel et financier les actes de M. Dejaeger ont pu avoir sur leur vie. Beaucoup ont reconnu avoir cauchemardé ou avoir développé une dépendance aux drogues, comme l’alcool, afin de surmonter la douleur. Plusieurs ont indiqué que les faits avaient affecté leur relation avec Dieu ainsi qu’avec des représentants de l’autorité. Une femme a confié avoir tenté de mettre fin à ses jours. Au total, 16 à 18 victimes sont venues témoigner de leurs difficultés.

Fuite en Belgique

Dejaeger a déjà purgé une peine de cinq ans de prison pour avoir agressé sexuellement d’autres enfants inuits à Baker Lake, où le père oblat avait été transféré après son passage à Igloolik. En 1995, après avoir purgé sa peine, il a appris que la Gendarmerie royale du Canada voulait l’accuser de nouveau, pour les crimes commis à Igloolik, et il s’était réfugié en Belgique.

Ce sont finalement des journalistes qui ont révélé sa présence illégale en Belgique, et Dejaeger a été extradé vers le Canada en 2011, pour répondre aux nouvelles accusations.

Au terme de la journée de témoignages, mercredi soir, le juge Robert Kilpatrick a mis la cause en délibéré.