Primes wallonnes au logement et à l’énergie: certains revenus en seront exclus

Paul Furlan a donc précisé le montant de certaines primes, sous réserve de validation par les élus wallons. Les autres chiffres seront donnés ultérieurement. Des montants qui peuvent augmenter sur base de la grille des revenus décrite ci-dessous, mais qui diminueront si les travaux ne sont pas réalisés par des professionnels.

* En prime énergie : 5 euros/ m2 pour l’isolation du toit par un entrepreneur, 12 euros/m2 pour l’isolation des murs par l’extérieur, 200 euros pour l’installation d’une chaudière gaz naturel à condensation, 800 euros pour l’installation d’une chaudière biomasse, 200 euros pour la réalisation d’un audit énergétique.

* En prime rénovation : 8 euros/m2 pour le remplacement d’une couverture de toiture.

Ces nouvelles primes wallonnes au logement et à l’énergie visent des travaux jugés prioritaires. D’une part, l’amélioration de la salubrité des bâtiments : stabilité, salubrité et assèchement des murs et des sols, installation électrique, toitures, châssis et portes. D’autre part, les économies d’énergie : isolation des murs, des toits et planchers, audit énergétique, installation de systèmes de chauffage et d’eau chaude sanitaire respectant la performance établie par arrêté, tels que chaudière au gaz naturel à condensation, pompes à chaleur (chauffage et/ou eau chaude sanitaire), chaudière biomasse ou chauffe-eau solaire. Les primes seront octroyées au forfait (chauffage, électricité...) ou au mètre ou au m2 (toitures, plancher...).

Liées aux revenus

Au-delà de 93.000 € (revenu net imposable du ménage), plus de prime possible. Un revenu net imposable entre 41.100 et 93.000 € donnera droit à la prime de premier niveau. Entre 31.100 et 41.100, la prime est multipliée par 1,5. Entre 21.900 et 31.100, la prime est multipliée par 2. En dessous de 21.900, la prime est multipliée par 3. « De cette manière, 97,5% de la population wallonne peut en bénéficier de manière équitable en fonction des revenus », précise Paul Furlan. « Avant, vu la complexité du système (60 primes toutes différentes), seuls 10 % des ménages ayant moins de 31.000 euros en profitaient. C’était essentiellement les gros revenus, qui en avaient le moins besoin mais qui s’y retrouvaient dans ce labyrinthe administratif, qui en bénéficiaient. Le nouveau système, simplifié et progressif, doit inverser cette dérive et bénéficier à ceux qui ne feraient jamais ces travaux importants, faute de moyens, si ces primes n’existaient pas. »

« Attention toutefois», insiste le ministre Maxime Prévot (cdH). « Nous n’avons pas voulu exclure les moyens revenus de ces primes : des étudiants fraîchement diplômés ou un couple d’enseignants aux revenus intermédiaires pourront eux aussi en bénéficier, à concurrence de leurs revenus évidemment. »

Enfants à charge

Elément important : les enfants sont davantage pris en compte que par le passé. Chaque enfant à charge donnera droit à une majoration de 5.000 euros (au lieu de 2.500) dans les revenus pris en compte : si votre ménage dispose d’un revenu net imposable de 36.800 euros et compte trois enfants à charge, le revenu pris en compte sera de 21.800 (36.800 – 15.000), ce qui vous permettra de passer dans la catégorie 1 (au lieu de la 3) et de bénéficier d’une prime multipliée par 3 (au lieu d’1,5). Quel que soit leur nombre, les enfants à charge n’auront toutefois aucun impact pour les ménages dont le revenu net imposable excède 93.000 euros.

Simplification Le système de primes sera aussi nettement simplifié au 1er avril (mais les dossiers peuvent déjà rentrer maintenant) : il comptera moins de catégories de primes, moins de catégories de revenus, une simplification des démarches, des délais de réponses et de payement clarifiés... « Le système est tellement simple que les entrepreneurs eux-mêmes pourront entreprendre les démarches pour leurs clients », assure Paul Furlan.

Prêts à taux zéro

Ces primes seront accompagnées de prêts à taux zéro ou réduit, toujours en fonction des revenus. Ceci permettra aux moins nantis de se lancer dans ces travaux importants sans devoir sortir de leur poche la somme requise. Les primes seront aussi moins nombreuses qu’avant. On a par exemple supprimé la prime destinée à l’installation d’un premier WC dans une habitation ! Leur budget annuel passe dès lors de 65 millions à 40, mais pas pour faire des économies, martèle Paul Furlan : « Les prêts à 0% et à taux réduits, qui permettent aux bas revenus de faire ces travaux essentiels, connaissent un succès grandissant : ils disposeront d’un budget renforcé du même montant puisqu’ils passeront de 75 à 100 millions par an d’ici 2019. »

Do it yourself

Les primes, octroyées quand on fait appel à des professionnels, seront aussi accessibles pour ceux qui réalisent les travaux eux-mêmes. Mais, dans ce cas, elles seront réduites de 60%. Dans un cas comme dans l’autre, il faudra présenter le projet avant travaux, mais un audit ne sera plus indispensable comme il l’était par le passé pour certains travaux comme l’isolation d’une toiture. Les primes ne pourront jamais dépasser 70% du montant des travaux.

Tout a été fait pour éviter l’emballement et le dérapage connu dans le photovoltaïque, insiste le gouvernement. Dans trois ans, le nouveau système sera d’ailleurs évalué et, le cas échéant, adapté.