France Gall parle de la comédie musicale sur Michel Berger et de... Stromae: "Je me suis assise sur ses genoux et je l’ai pris dans mes bras"

Parmi les artistes du spectacle, il y a deux talents de « The Voice ». Vous êtes friande de ce genre d’émission ?

« J’ai regardé deux trois saisons de « The Voice » mais j’ai un peu délaissé ce genre de programme parce qu’il y en a tellement. Quand un jeune présente quelque chose de formidable, c’est très émouvant. On l’aime de suite. Je n’ai pas vu les prestations d’Elodie et Gwendal (les deux talents de « The Voice » qui ont intégré le spectacle, NdlR) mais je les ai regardées après. »

Ils étaient effrayés de se retrouver devant une pointure comme vous ?

« Très ! Ils ont perdu tous leurs moyens. »

Dans ce spectacle, vous vouliez parler à la jeune génération…

« Michel a toujours aimé écrire pour les jeunes. C’est pour ça que je voulais un spectacle avec des jeunes. Ils ont tous dans la vingtaine. C’est très frais. Les gens vont facilement se retrouver dans ces personnages, c’est un spectacle populaire. Ce qu’on veut c’est qu’ils sortent du spectacle en se disant qu’ils aiment la vie. »

Pourquoi ne pas avoir fait un album dans le style de « La bande à Renaud » ou « Génération Goldman » pour que les jeunes connaissent vos chansons ?

« Génération Berger ? J’ai toujours refusé. Ici, le public va retrouver les chansons telles qu’elles étaient. Ils vont retrouver l’âme de l’univers de Michel. »

C’est la première fois que vous vous prêtez à l’exercice de l’écriture, ça vous plaît ?

« Je suis une débutante (rires). Il faut penser, créer, oser se remettre en danger. Quand Michel est mort, en 1992, j’ai fait quatre spectacles et je les ai écrit entièrement moi-même. À ce moment précis, j’ai su que j’aimais écrire. Mais je n’ai jamais aimé montrer ce que je faisais. »

Vous vous demandez ce que Michel penserait de tout ça ?

« Non. Enfin, je me suis quand même demandé ce qu’il penserait du fait que je fasse une comédie musicale alors qu’il détestait ça. Il y a un moment, juste après sa mort, pendant lequel je me suis demandée ce qu’il pensait, s’il était fier de moi. Je ne le fais plus maintenant. Je m’occupe bien de sa musique. Il m’accordait une confiance absolue. On avait le même regard sur la musique. »

Aujourd’hui, y a-t-il un artiste qui se rapproche de l’univers de Michel Berger ?

« Stromae ! Il vient de la même famille. Je connais son album « Racine carrée » par cœur. Comme Michel, il est intelligent, pudique, simple. C’est le 1er à avoir écrit une chanson sur les pères qui se barrent. Stromae il m’a touché. Il a chanté le cancer aussi. Il ne chante pas du tout comme Michel, il n’a pas du tout le même rythme mais ses mots sont fantastiques. Je suis allée le voir en concert, je me suis assise sur ses genoux, je l’ai pris dans mes bras et je lui ai dit que c’était merveilleux ce qu’il faisait. Comme moi, il se pose des questions sur ce milieu, sur l’ombre et la lumière. Sinon, j’adore Selah Sue. Tous des gens qui viennent de chez vous en fait (rires). »

Comment avez-vous sélectionné les tubes qu’on entend dans la comédie musicale ?

« J’ai fait en sorte que ce soient des chansons qui collent à l’histoire. Les chansons sont là pour exprimer les émotions des personnages, c’est une continuation de l’histoire. »

Retrouvez l’interview complète dans les journaux de Sudinfo.