Les fabriques d’églises à Hannut dans le collimateur d’Ecolo

Au 21e siècle, les fabriques d’église sont toujours régies par le code Napoléon (fin 19e siècle) qui impose aux communes, en cas de déficit, d’épurer les budgets. « Or, que voit-on ? À côté de ça, certaines fabriques entretiennent un véritable bas de laine, qui d’année en année continue à s’étoffer », a dénoncé jeudi soir, le conseiller de l’opposition Écolo, Frédéric Piret-Gérard.

Sur les 17 fabriques d’églises de Hannut, deux sont dans le viseur de l’écologiste : celles d’Avin et de Hannut. À Avin, le montant global de ses avoirs placés s’élève à ce jour à 177.000 euros ; à Hannut, à 110.000 euros.

En dépit de cette bonne santé financière, l’une et l’autre reçoivent régulièrement des subsides communaux et régionaux pour des travaux et des aides communales afin d’équilibrer leur budget. En 2014, la dotation annuelle de Hannut s’élevait à 54.000 euros ! Normal ?, interroge le conseiller de l’opposition. « Selon le Code Napoléon (encore lui), explique le directeur financier de Hannut David Woitrin, l’Évêché interdit aux communes et aux Fabriques d’utiliser cet argent qui provient le plus souvent de legs. Le principe de base est que le boni acquis aux fabriques reste acquis aux fabriques. Mais c’est un principe auquel on déroge de plus en plus souvent », constate le directeur financier.

Ce qu’on risque de faire encore davantage dans le futur. Depuis le 1er janvier 2015, les budgets des établissements du culte sont désormais soumis à l’approbation des communes. Ce pouvoir décisionnel était jusqu’ici détenu par l’Evêché qui n’a plus qu’un pouvoir consultatif. En cas de désaccord, l’Évêché peut introduire un recours auprès du gouverneur. Ce qui risque bien d’arriver. « Quand la fabrique d’église de Poucet a fait des travaux pour 20.000 euros, elle a utilisé les 5.000 euros de son bas de laine (la commune a mis le solde) qui lui a valu une remarque de l’Evêché », se souvient David Woitrin.

Ceci dit, la majorité des fabriques d’églises de Hannut ne roule pas sur l’or. La moins fortunée est Bertrée, avec 500 euros sur ses comptes. Crehen totalise des capitaux pour 3.000 euros, Merdorp, 6.000 euros et Thisnes, entre 6 et 7.000 euros.

Dans les rangs du cdH, le conseiller Benoît Cartilier, très impliqué dans la fabrique d’église de Thisnes a tenu à réagir à la remarque de l’Ecolo. « Il ne faudrait pas faire croire que les fabriques sont des Picsou qui s’enrichissent au détriment de la commune et des citoyens. Ce sont avant tout des gens qui, bénévolement, essaient de sauver un patrimoine. Dans une gestion quotidienne, qu’on puisse mettre de l’argent de côté pour des coups durs, c’est de la saine gestion ».

Quelle est la situation à Amay<UN>? A lire dans la Meuse Huy-Waremme de ce samedi 28 mars.