Dix maisons mais pas d’égouttage à Ciplet: un riverain attaque la commune en justice

La dernière maison du lotissement de la rue Genon a été construite il y a un peu moins de deux ans. En tout, cela fait dix habitations et pas d’égouttage. « En attendant de pouvoir être raccordé au réseau d’égouttage, chaque propriétaire a été tenu de placer une micro-station d’épuration individuelle », se défend l’échevin François-Hubert Du Fontbare.

Malgré ce prétraitement, les eaux qui sont rejetées dans le filet d’eau ne sont pas toujours d’une propreté irréprochable. Sans parler des odeurs nauséabondes qu’elles dégagent. « Devant chez moi j’en ai déjà vu de toutes les couleurs », dénonce Henri Hanot, le propriétaire de la ferme en contrebas, actuellement exploitée par son épouse.

Depuis 2007, il se bat en justice pour faire annuler le permis de bâtir accordé pour ce lotissement. « Je n’ai rien contre ces maisons. Ce que je reproche, c’est l’absence d’égouttage qui aurait dû être réalisé avant le début des travaux ».

Conséquences pour Henri Hanot : toutes les eaux du lotissement aboutissent dans ses prairies où pâturent ses bêtes. « Moi, tout ce que je souhaite, c’est avoir des animaux en bonne santé, c’est tout ! », lâche-t-il découragé.

Le Conseil d’État lui a donné raison et a fait annuler le permis de lotir. Suite à cet arrêt la commune de Braives a introduit un nouveau permis « dans lequel nous avons tenu compte des griefs formulés par le Conseil d’état, explique le directeur général Laruelle. On nous reprochait surtout un manque de motivation. Nous y avons répondu. »

Entre-temps, la commune a aussi obtenu les fonds publics pour pouvoir égoutter toute la rue Genon. « Les travaux estimés à 450.000 euros dont 46 % à charge communale, pourraient commencer en septembre prochain », se réjouit l’échevin Du Fontbare.

Une moitié bonne nouvelle pour Henri Hanot. «  Le collecteur qui va reprendre les eaux usées de la rue s’arrête au milieu de mes prairies », déplore-t-il. Raison pour laquelle, avec son avocat Me Lebrun, il a décidé d’introduire un recours contre le nouveau permis de la commune. « Il n’y avait pas de raison d’abandonner notre combat puisque le problème de fond reste le même. Les eaux usées sont toujours rejetées sur ses terres. »

L’auditeur vient de rendre son rapport. « Il conclut que l’action n’est pas fondée. Sachant que ses avis sont souvent suivis, nous sommes donc assez sereins sur l’issue de cette action », note le directeur général. L’arrêt est attendu pour les prochains mois.