Des gaz aux avions: les armes nouvelles de la Première guerre mondiale

Dès les premières semaines de la guerre, les bombardements massifs provoquent des pertes humaines considérables, de même que les mitrailleuses qui dressent des murs de balles contre les assaillants.

Très vite, les soldats s’enterrent pour se protéger et il faut trouver des solutions pour franchir les lignes adverses.

La terreur des gaz

L’innovation la plus terrifiante, les gaz de combat, utilisés pour la première fois par les Allemands, va marquer tous les esprits.

En avril 1915, à Ypres, en Belgique, soldats français et belges voient d’épaisses fumées s’élever des tranchées allemandes. «J’ai vu alors un nuage de couleur verte, haut d’environ 10 mètres et particulièrement épais à la base, qui touchait le sol. Ce nuage avançait vers nous, poussé par le vent. Presque aussitôt, nous avons littéralement suffoqué», témoigne le lieutenant français Jules-Henri Guntzberger.

Les gaz terrorisent les combattants. Pris de panique, aveuglés, asphyxiés, ils meurent par milliers dans d’atroces souffrances. Les deux camps vont perfectionner l’arme chimique tout au long de la guerre, mais elle ne s’imposera jamais vraiment, car elle reste risquée pour ceux qui l’utilisent. Et les parades se développent: aux mouchoirs mouillés que les soldats s’appliquent sur le visage lors des premières attaques succèdent bientôt lunettes de protection et premiers masques en toile.

Au total, les gaz causeront moins de 1% des victimes du conflit, mais leur horreur marquera durablement l’imaginaire collectif et explique aujourd’hui encore la mobilisation internationale lorsque le régime syrien a lancé en août 2012 une attaque chimique contre sa propre population.

La révolution des chars

Les Britanniques testent un blindé à chenilles dès 1914 et engagent pour la première fois de vrais chars de combat en septembre 1916 dans la Somme, avec des résultats encore peu probants.

Si les Allemands commettent l’erreur de ne pas croire à l’avenir de cette arme nouvelle, les Français s’équipent bientôt de chars légers Renault, mobiles et maniables. Ils joueront un rôle important dans la victoire finale en 1918.

Le casque métallique pour se protéger des éclats se généralise dans toutes les armées en 1915 et les barbelés enchevêtrés zèbrent le champ de bataille de puissants dispositifs de défense. Des milliers de fantassins perdront la vie accrochés à ces barbelés.

La mort venue du ciel

Pour les soldats terrés dans les tranchées, le danger peut aussi venir du ciel. En 1914, l’aviation de combat n’en est qu’à ses balbutiements. Mais les milliers d’appareils dont seront dotés les deux camps quatre ans plus tard --environ 3.700 pour la seule armée française-- témoignent de l’intense mobilisation industrielle dont a bénéficié cette arme nouvelle.

Verdun, dans l’est de la France, sera le théâtre en 1916 de la première vraie bataille aérienne. «Si la Grande guerre reste une bataille terrestre par excellence, elle met en exergue un concept stratégique dont les conflits ultérieurs du XXe siècle vont valider l’importance: la maîtrise de l’air comme préalable à toute action d’envergure au sol», souligne l’historien français Jean-Yves Le Naour.

Les sous-marins entrent en guerre

Les Allemands, qui ont renoncé à concurrencer la puissance britannique sur les océans, construisent massivement des sous-marins --les «U-Boote»-- dès le début de la guerre: ils en alignent 150 début 1917 contre une quinzaine deux ans avant, et en lanceront au total 350 durant le conflit.

Pensant pouvoir rompre le blocus maritime imposé par la flotte britannique, Berlin déclenche la première guerre sous-marine en mer du Nord. Mais son intensification début 1917 pour tenter d’asphyxier les Alliés se retournera contre Berlin, car elle jouera un rôle déterminant dans l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Aucune de ces nouvelles armes ne sera décisive: c’est finalement la puissante machine de guerre industrielle américaine qui fera pencher la balance en faveur des Alliés, face à des empires centraux épuisés.