Verviers: le pédophile porte plainte contre le parent d’une victime pour calomnie, il est débouté et prend un mois de prison en plus

Le tribunal a purement et simplement acquitté le Verviétois accusé d’injure et de calomnies mais, par contre a rajouté un mois de prison avec sursis au pédophile pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des éléments du dossier à l’instruction.

On peut parfaitement traiter un pédophile… de pédophile. C’est ce qu’il ressort d’un jugement du tribunal correctionnel de Verviers rendu ce mardi matin. En effet, un Verviétois de 47 ans, Jean-François Counasse, avait été condamné en novembre dernier à 5 ans de prison (avec sursis pour la moitié) pour viols et attouchements sur une dizaine de fillettes âgées de 6 à 12 ans ! Mais avec un culot incroyable, il avait porté plainte pour calomnie et diffamation à l’encontre d’un parent d’une des victimes qui avait diffusé une mise en garde sur Facebook à l’encontre de « J.F.C., un sale pédophile verviétois qui se cache sous des faux profils parmi mes amis. »

Voici un mois, un procès a eu lieu devant le tribunal correctionnel de Verviers pour ces motifs. Mais d’emblée, le ministère public précisait qu’il ne pouvait avoir lieu à dénonciation calomnieuse ou diffamation parce qu’il fallait pour cela la dénonciation d’un fait précis. Ici, il s’agit d’une généralité, qui est plutôt du registre de l’injure, pour laquelle il réclamait un mois de prison.

Pour Me Delobel, il faut raison garder. Le jugement le dit : c’est un pédophile, qui depuis dix ans a eu des centaines de contacts avec des jeunes filles, et qui a fait neuf victimes parmi sept familles différentes. Son client n’a fait que prévenir qu’un pédophile se cachait avec de faux profils parmi ses amis. Il réclamait son acquittement, un raisonnement qu’a suivi le tribunal.

Toutefois, le Parquet réclamait aussi deux mois de prison à l’égard du pédophile, qui se serait rendu coupable de son côté de diffusion sur Facebook d’éléments du dossier à l’instruction en révélant que des perquisitions avaient été menées chez le beau-père. (NDLR : ceci afin de déterminer s’il était l’auteur d’affichettes dénonçant le pédophile, ce qui n’a pas été avéré.) Il a été lui condamné à un mois de prison avec sursis.