Soins de santé aux plus démunis dans la capitale: la Fédération des Associations de Médecins Généralistes tire la sonnette d’alarme

Sa commission CPAS a diffusé à cet effet un nouveau livre blanc formulant plusieurs demandes au premier rang desquelles une plus grande cohérence des procédures administratives entre les 19 CPAS bruxellois.

Depuis un premier livre blanc diffusé par la Fédération sur le sujet en 2006, la précarité à Bruxelles a augmenté et les indicateurs socio-sanitaires restent dans le rouge pour les personnes les plus précarisées. En janvier 2013, près d’un cinquième de la population bruxelloise active (19,6%) vivait d’une aide sociale ou d’une allocation de chômage (contre 15,8% en 2003). Près de 5% de la population active (4,9%) et 10% des jeunes adultes percevaient un revenu d’intégration.

Autre chiffre avancé mercredi par le vice-président de la FAMGB, Lawrence Cuvelier: il y a deux à trois ans, 20.000 patients en Belgique dépendaient de l’Aide Médicale Urgente, dont 13.000 en Région bruxelloise et 6.500 dans la seule Ville de Bruxelles.

Pour les personnes à faibles revenus devant faire face à des dépenses de santé importantes, il est prévu que les CPAS complètent l’offre de la sécu par une aide médicale financière mais dont la mise en application est très différente d’un CPAS à l’autre, déplore la FAMGB.

Dans un souci de meilleur prise en charge préventive des patients, la Fédération demande une généralisation de la délivrance de la carte santé, délivrée par le CPAS pour garantir durant une période donnée le paiement des frais médicaux et ou pharmaceutiques pour libérer le patient précarisé de tout paiement préalable et de son passage répété chez son assistant social.

Elle souhaite aussi un usage généralisé à l’échelle des 19 CPAS de la liste des médicaments non pris en charge par l’Inami et qui seront remboursés par les CPAS.

Il manque par ailleurs d’outils pour rendre l’accessibilité des plus précarisés à l’aide médicale plus transparente: des vade mecum, l’un pour l’usager, l’autre pour les prestataires de soins, contenant les obligations et devoirs à observer, mais aussi les procédures à suivre, les coordonnées des assistants sociaux, ...

La FAMGB souhaite enfin une facilitation sensible de la prise en charge, par le médecin généraliste, des personnes en situation irrégulière car au stade actuel, la lourdeur administrative semble en faire reculer plus d’un.