Thérèse, de Courtrai: «Je recherche mon amour de jeunesse» dans le Nord de la France

Depuis Courtrai, où elle réside, Thérèse nous a tout d’abord passé un coup de fil pour savoir s’il était possible de passer une annonce dans le journal pour retrouver une personne qu’elle a connue dans le Nord de la France. Elle nous a ensuite envoyé une photo avec quelques lignes.

Entre 1957 et 1960

Le cliché ne laisse planer aucun doute  : c’est plus qu’une simple connaisance qu’elle recherche. Thérèse nous l’a confirmé, lorsque nous l’avons recontactée  : « c’est mon premier fiancé. Je l’ai connu lorsque je travaillais dans une usine de plastique à Tourcoing. Il était menuisier - ébéniste. On était vraiment bien ensemble ». Le jeune homme s’appellait Jean Betlemm (ou Bettlemm).

Jean et Thérèse se fréquentaient depuis trois ans, lorsqu’a surgi la guerre d’Algérie. En 1960, le jeune homme a dû partir pour son service militaire qui durait 28 mois. Thérèse n’a eu que des nouvelles sporadiques : une carte postale, notamment. Et sa situation financière n’était guère florissante. « Tu ne peux pas continuer à vivre avec un petit salaire », lui a dit son patron qui au lieu de l’augmenter, lui conseilla de se marier. Il lui présenta même le mari, un homme qui fréquentait l’entreprise. La jeune femme fit contre mauvaise fortune bon coeur. Elle accepta. Les femmes n’avaient pas tellement le choix à l’époque pour s’en sortir.

Mais Jean revint de son service militaire. Il alla revoir directement sa bien-aimée. « C’était un vendredi », se souvient précisément Thérèse. « Il est venu me retrouver pour me demander d’aller avec lui chez son frère. Mais je lui ai dit que ce n’était plus possible, que je me mariais le lendemain avec un autre homme ». Ce fut un déchirement  : « j’ai ressenti un énorme chagrin. Lui aussi était très malheureux. Mais c’était comme ça. Je ne pouvais plus reculer ».

« Je veux savoir »

La vie se poursuivit. Thérèse a eu deux enfants avec son mari, un Tournaisien, qui l’emmena vivre de l’autre côté de la frontière. Elle l’a aussi aimé, mais sans doute d’une autre façon :« il a été très malade. Je l’ai soigné jusqu’au bout », confie-t-elle pudiquement. Mais elle ne parvint jamais à oublier son « Jean ». Elle a d’ailleurs continué à porter la bague de fiançailles qu’il lui avait offerte au cours de leurs trois années d’amour. « J’en avais parlé à mon mari qui comprenait », dit-elle. Thérèse ne s’est jamais séparée non plus de la photo où on la voit marcher avec Jean dans la rue Saint-Jacques à Tourcoing. Dans un costume élégant, il la tient par l’épaule. Elle sourit. C’est grâce à ce cliché qu’elle espère retrouver l’amour de sa jeunesse, 55 ans plus tard. Thérèse donne les derniers détails qui pourraient permettre d’identifier son premier fiancé  : « Il habitait Mouvaux. Ses parents étaient belges. Il avait deux frères, Etienne et Jacques, et une soeur, Bernadette ». Jean a plus de 70 ans aujourd’hui.

« Je voudrais savoir ce qu’il est devenu, s’il vit toujours, tout simplement », sourit Thérèse. « Si c’est le cas, j’aimerais le revoir. Mais s’il est marié, il est hors de question que je brise son ménage. Ce sera comme ça, mais au moins je saurai »...

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