Philippe Malherbe fête ses 60 ans!

Ses débuts  : « J’ai commencé en 1983, au Luxembourg. J’étais là pour une journée d’observation et on m’a confié un sujet sportif, un peu par hasard. À l’époque, le journal était produit au Luxembourg mais diffusé en Belgique. Depuis Bruxelles, Jean-Charles de Keyser recherchait des journalistes belges pour produire un journal belge. Il y avait énormément de Français au sein de la rédaction à l’époque. J’ai eu beaucoup de chance dans mon parcours. »

Ses meilleures années  : « Je vais passer pour un vieux papy mais, je dirais les années Luxembourg. C’était l’époque de Jacques Navadic et Robert Diligent, deux hommes pour lesquels j’avais énormément d’estime et qui sont malheureusement partis en un an et demi de temps. C’était aussi Marylène Bergmann, Jean-Luc Bertrand, André Torrent, Georges Lang. Nous étions une petite équipe mais nous faisions des choses incroyables et nous nous amusions beaucoup. »

Ses années à Paris  : « Quand TVI est né, beaucoup de membres de l’équipe luxembourgeoise étaient déjà partis sur M6. J’ai dû faire un choix. Jean-Charles de Keyser me proposait un poste en Belgique et M6 m’offrait un « Six minutes sport ». Cette décision n’a pas été difficile à prendre car je ne m’étais pas forcément amusé à Paris quand j’y étais. »

Ses souvenirs de présentateur  : « J’avais déjà commencé la présentation à Luxembourg. J’aimais bien la formule. On était présentateur une semaine, on faisait du reportage la semaine suivante, etc. On touchait un peu à tout tandis qu’aujourd’hui nos présentateurs sont attachés à leurs sièges de présentateurs. À Bruxelles, j’ai commencé par présenter le 13h en alternance avec Catherine Brailly. En 1988, je suis passé aux éditions du week-end, puis je suis revenu au 13h, parti au 19h, jusqu’en 1999. Il y aura quand même eu seize années de journal télévisé. À la fin, j’en avais ras le bol, c’était lourd et j’étais content de faire autre chose. Aujourd’hui, le journal est une machine de guerre. À l’époque, le présentateur avait beaucoup plus de travail sur ses épaules. On devait gérer l’édition, choisir les sujets, décider quel journaliste allait traiter quoi, il n’y avait pas de coordinateur pour gérer les caméras, le montage, etc. »

Ses années « Coûte que coûte »  : « J’ai débuté le magazine à Luxembourg, j’avais une émission sur le sport moteur. À Bruxelles, j’ai d’abord créé « Eurofoot ». Pour les amateurs de football, c’était une époque bénie durant laquelle nous avions encore accès à toutes les images de foot européen. On faisait ça le dimanche soir avec des joueurs de foot en invités. Et puis, il y a 17 ans, on a créé un magazine qui s’appelle « Coûte que Coûte » qui existe toujours et que j’ai eu le bonheur de présenter. C’est mon bébé ! C’est chouette de pouvoir être toujours à l’antenne dans une chaîne qui se veut très jeune. »

Son rôle de rédacteur en chef adjoint du journal  : « Ce qui est enrichissant, c’est la construction du journal. Il y a une multitude de problèmes à régler et c’est assez stimulant intellectuellement parlant. Mener une équipe, c’est très gai. Avec mon tempérament un peu sanguin, je dois parfois faire de gros efforts sur moi-même. Rester calme, ne pas crier (rires). Je pense avoir évolué, ça doit être le poids des années. »

Ses plus grands « tracs »  : « Aujourd’hui, les potentiels candidats à la présentation du journal doivent passer des essais. Moi, on m’y a mis, par hasard, du jour au lendemain. Une fois qu’on fait le journal tous les jours, on n’est plus stressés. Par contre, dès qu’on est en direct pour présenter autre chose que ce que l’on fait habituellement, il y a un petit pincement au ventre. Je le ressens lorsque je présente le Télévie par exemple. Mais, dans l’ensemble, je n’ai pas vraiment le trac. »

Ses pires souvenirs  : « Ils sont liés à l’actualité. J’ai eu beaucoup de mal à maîtriser les informations concernant l’affaire Julie et Mélissa. J’ai porté ça en moi. Je me souviens avoir présenté le journal sous la pluie, à Jumet, quand on a découvert les corps d’An et Eefje. Dans ces conditions, c’est compliqué de déconnecter quand on rentre à la maison. Surtout quand on est parents (son aîné à 25 ans aujourd’hui et sa fille 22, Ndlr). »