Le projet-pilote de substitution de drogue à la prison de Lantin est un succès: il ouvre la voie à d’autres détenus toxicomanes

À Lantin, un tiers des détenus seraient des toxicomanes purs et durs, qui consomment au quotidien. Et on estime que jusqu’à 80 % ont déjà goûté ou goûteront à la drogue. Des chiffres qui s’appliquent également aux autres établissements pénitentiaires du Royaume : une étude du SPF Justice estime qu’entre 33 et 50 % des détenus belges sont accros aux opiacés, c’est-à-dire à l’héroïne et ses dérivés. Et c’est sans compter tous les amateurs de haschisch et autre marie-jeanne.

Face à ce terrible constat, deux médecins-référents liégeois de l’ancienne prison de Verviers, en collaboration avec la Direction générale des établissements pénitentiaires au sein du SPF Justice, ont lancé un projet-pilote à la prison de Lantin. Depuis deux ans, ils ont mis en place des consultations spécifiquement dédiées aux toxicomanes, deux jours par semaine, en parallèle à celles que tiennent déjà trois médecins généralistes, sept jours sur sept.

«  Nos collègues reçoivent jusqu’à 40 détenus en deux heures, il leur est impossible de consacrer beaucoup de temps à la problématique de la toxicomanie », explique le Dr Benoît Skrzyprek, à l’origine du projet-pilote avec sa consœur Françoise Moreau. « Notre consultation permet de les décharger. Chaque détenu a son médecin généraliste attitré, qui nous l’adresse s’il veut une prise en charge pour sa toxicomanie ».

Pour le moment, une centaine de prisonniers de Lantin participe au projet, dit « pilote » car la délivrance des traitements de substitution est originale et unique : il s’agit de comprimés de Suboxone (voir photo ci-dessus), plutôt que de Méthadone liquide. Celle-ci, en tant que stupéfiant, doit légalement être donnée en mains propres et avalée devant une infirmière ou le médecin, ce qui est impossible vu le manque de personnel pénitentiaire.

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