Exclusif: l’imam saoudien de la grande mosquée de Bruxelles, expulsé en 2012, réfute tout discours radical

La nouvelle avait fait grand bruit lors de sa sortie. En juin dernier, le site d’informations Wikileaks avait rendu public plus de 100.000 documents de la diplomatie saoudienne datant de 2010 à 2015. Parmi ceux-ci, une lettre du 21 avril 2011, avait particulièrement retenu l’attention de La Capitale. Nous vous révélions que l’ancien ministre des Affaires étrangères saoudien, Saud al-Faisal (NDLR : décédé depuis lors,) avait demandé à son ministre de l’Intérieur de remplacer un diplomate saoudien quelque peu embarrassant. Selon Wikileaks, le gouvernement belge aurait exprimé de vives inquiétudes concernant Khaled al-Abri. Le diplomate et ancien chef du centre islamique à Bruxelles (Grande mosquée) en 2011 est soupçonné de faire de la propagande salafiste et wahhabite.

Face à ces accusations, nous avons donné la parole au principal intéressé, Khaled al-Abri. L’homme réside actuellement aux États-Unis car son fils est hospitalisé pour de multiples problèmes de santé. Il nous a indiqué qu’il nie formellement toutes les accusations dirigées à son encontre. Premièrement, le diplomate saoudien assure n’avoir aucune connaissance des craintes des autorités belges, concernant ses propos jugés extrêmes. « Je n’ai reçu aucun courrier ou avertissement de leur part à ce sujet. Ma réponse est d’ailleurs plus que claire et franche à ce propos : je ne suis porteur d’aucune doctrine radicale ni n’en suis un adepte. Tout au contraire, pour celles et ceux qui m’ont connu et m’ont approché de près, lorsque je résidais en Belgique, j’ai toujours combattu et condamné avec force ce courant. Cette voie est, par ailleurs, aussi celle de mon pays qui a toujours été à l’avant-garde du combat contre le terrorisme, les faits de l’actualité le prouvent largement », nous a-t-il déclarés.

Pas un imam radical

Quant à savoir si l’ancien imam véhiculait des doctrines salafistes et wahhabites, il nous répond également par la négative. « Comment pourrais-je être un imam radical, alors que j’ai fait partie du Conseil Belge des Leaders Religieux qui regroupe des représentants appartenant aux différentes religions du pays ? De plus, alors que j’étais directeur du centre islamique et culturel de Belgique, j’ai condamné avec force, via un communiqué, la tuerie qui s’était produite à Liège en date du 14 décembre 2011. Au même titre que l’attentat meurtrier qui coûta la vie à l’imam shiite de la mosquée Reda d’Anderlecht le 12 mars 2012 ».

Enfin, le diplomate souligne avoir respecté les lois belges durant son séjour. « J’ai toujours veillé à n’avoir aucune attitude qui contrarierait celles-ci. S’ajoute à cela que j’ai entretenu de bonnes relations avec de nombreux responsables belges durant toute la durée de ma présence en Belgique ».

Son interview complète à lire dans La Capitale de ce samedi 12 septembre.