Arlon: un policier voleur ou ignorant la loi?

Un inspecteur de police qui compte 30 ans de métier à son actif est poursuivi devant le tribunal correctionnel pour avoir pris frauduleusement 55 euros à titre de perception immédiate à un jeune fêtard au carnaval à Habay en avril dernier. De l’argent mis dans sa poche et sans dresser de procès-verbal.

Face au juge, le policier reconnaît les faits mais nie l’intention de voler.

«  Je pensais avoir agi correctement. C’est la bourgmestre Isabelle Poncelet, présente au moment des faits, qui m’a fait remarquer que l’on pouvait infliger une amende en perception immédiate au jeune homme occupé à uriner contre un bâtiment » précise le policier.

Ce dernier explique avoir pris le portefeuille dans la poche latérale du pantalon au moment de la palpation.

«  J’ai regardé sa carte d’identité et trouvé un billet de 50 euros et un billet de 5 euros pliés au fond de son portefeuille. J’ai signifié à l’intéressé qu’il recevrait un procès-verbal par courrier. Je pensais pouvoir agir comme ça. J’étais en intervention et je n’avais pas le règlement sur moi. »

Une erreur plutôt grossière aux yeux du juge Poncelet, surtout pour un policier aguerri. Un sentiment partagé par le parquet. «  Le collègue de monsieur n’a pas vu ce dernier prendre note du nom de la personne interpellée. Il a mis l’argent dans sa poche au vu et au su de plusieurs collègues. Il a rendu cet argent quand son supérieur lui a demandé des comptes suite à la plainte du jeune homme. Ce n’était pas spontané. Un comportement qui pose question  » souligne Sarah Pollet qui requiert une amende de 700 euros et l’interdiction d’exercer un emploi public si la concussion est établie. Si le vol est retenu, une peine de 2 mois de prison et 500 euros d’amende. Le policier avait refusé la transaction de 400 euros proposée par le Parquet.

Me Julien Pierre, conseil du policier, estime que les poursuites ne se justifient pas. Il n’hésite pas à parler de règlement de compte interne à la police. «  C’est bien là le problème. Il est question de le jeter de la police. Il a fait l’objet de deux mesures d’éloignement dont la dernière pour une durée de 4 mois avec 25 % de son salaire en moins. C’est un mauvais procès qu’on lui fait. Il a commis une bévue administrative  » estime l’avocat plaidant l’acquittement «  non pas au bénéfice du doute mais parce que la prévention n’est pas établie. Ni pour vol ni pour concussion.  »

Jugement le 4 novembre.