Le serial killer de Lodelinsart aux assises: trois semaines dans la tête d’un psychopathe!

«  Il a une gueule d’ange, mais on a des vidéos qu’il a lui-même tournées et qui montrent son vrai visage. Et là, ça fait peur ! » C’est la réflexion d’un enquêteur chevronné qui travaille sur l’affaire Daubioul depuis le début. L’ange, en tout cas, est considéré comme un « serial killer » et un psychopathe.

tout commence par la fin

Avec Daubioul, tout commence par la fin. En octobre 2013, ce jeune homme de 26 ans, inconnu de la justice, est arrêté pour le meurtre d’une de ses voisines, Emilia Liétard. La sexagénaire a été poignardée, le 20 juin 2013, sur le pas de la porte de son appartement. Elle a eu le temps de souffler à son voisin que son meurtrier « est un jeune homme de l’immeuble ». Sur ses vêtements et sous ses ongles, on trouve d’ailleurs un ADN masculin. Alors tous les hommes de l’immeuble passeront le test du coton-tige… qui désigne Steven Daubioul, un garçon timide qui vit chez sa mère, scotché à sa console de jeux. Chez lui, derrière un meuble, on découvrira même le couteau qui a servi.

double élucidation

Les enquêteurs de la police judiciaire fédérale de Charleroi font cependant une découverte inattendue : l’ADN de Daubioul « colle » aussi avec un autre crime, commis 9 ans plus tôt et resté impuni jusque-là, celui de Concetta Tarabella, 58 ans, retrouvée morte, étouffée, violée dans son appartement social du même immeuble en juin 2005 ! Daubioul n’avait alors que 18 ans ! Double élucidation. Confronté aux preuves, acculé par les détails et les précisions, Daubioul finit par avouer les deux meurtres. Comme il finit par avouer l’attentat à la pudeur commis sur un petit garçon dont il assurait le baby-sitting. Difficile de nier, d’ailleurs, il a filmé la scène avec son GSM…

Un troisième meurtre ?

Et puis, la justice rouvre l’enquête sur une troisième mort suspecte, relevée en juillet 2010, dans le même immeuble de Lodelinsart. Le corps de Martine Vandeput n’avait été découvert qu’au bout de 2 ou 3 semaines et le décès avait été considéré comme naturel. Mais avec un Daubioul dans les parages…

Exhumation. Autopsie. Cette fois, les expertises médico-légales accréditent la thèse d’un décès par strangulation. Autrement dit, un homicide.

Daubioul encore ? Les résultats ADN sont inexploitables dans ce dossier. Alors Steven Daubioul nie depuis le début. Ce sera donc au jury de trancher. Le procès permettra-t-il aux familles des victimes de faire leur deuil, de tourner la page pour avancer ? Il faut l’espérer.

Il permettra sans doute de plonger dans le cerveau et les fantasmes de Steven Daubioul, le fan de « Fifa 2000 » qui n’aimait pas que les jeux vidéo et sortait finalement parfois de son appartement !