Mons: cinq couples se disent floués par un agent immobilier, il leur aurait dérobé jusqu’à 17.000 euros

« Nous avions vu cette affiche sur une maison de Bruxelles, comme quoi l’agence de Mons de S. procédait à sa vente, » a témoigné l’un des couples s’étant porté partie civile. « Nous avons versé un acompte de 5 %, soit 15.000 euros. Depuis notre versement en 2009, nous avons perdu cet argent, que nous aimerions récupérer enfin. Depuis lors, nous louons toujours notre appartement à Laeken. »

Seul point à l’ordre du jour de ce jeudi : le réquisitoire de Henri Renard, substitut. Il réclame un jugement de culpabilité à l’encontre de S. « Mon office a estimé qu’il effectuait des actes à qualifier d’escroqueries, ou du moins d’abus de confiance. En 2009 et 2010, S. a à mon sens, dérobé d’importants montants à cinq victimes, seules ou en couple. Les montants dérobés se chiffrent à 4.000, 5.000 euros, voire 12.000, 15.000, et même 17.000 euros. En général, ces acheteurs de maisons ont cru apporter l’acompte relatif à leur achat. En définitive, le montant en question a été empoché par le prévenu, qui les a considérés comme honoraires ».

Et le substitut d’ajouter : « Ce qui m’inquiète, c’est que inquiété, S. a exporté son activité de l’autre côté de la frontière franco-belge. »

Aux yeux de M. Renard, S s’est aussi rendu coupable d’infractions commerciales : infractions financières, sur la faillite, à la loi comptable. « Il n’a pas tenu de livre de comptes unique, il n’a pas déposé ses comptes pour 2009 et 2010. Il n’avait apparemment pas d’agréation pour tenir une agence immo. Convoqué par un curateur, il ne s’est pas présenté au rendez-vous… » Le substitut réclame une peine de prison, éventuellement assortie d’un sursis. « L’univers commercial n’est pas une aire de jeux pour escrocs. Les clients doivent pouvoir faire confiance aux professionnels », ponctue M. Renard.

S conteste toutes les réclamations des clients portés parties civiles. Il sera davantage interrogé dans huit jours.

G. M.