Procès Eglise Scientologie: «la représentation de l’OSA dans le dossier n’est pas correcte», selon le prévenu

L’asbl Eglise de Scientologie Belgique, l’asbl Eglise de Scientologie Europe ainsi que des membres et anciens membres de l’Eglises de Scientologie internationale sont prévenus notamment de faits d’escroqueries et de pratique illégale de la médecine.

Martin W., prévenu anglophone, a nié vendredi avoir infiltré, comme il est fait mention dans le dossier pénal, Europol et Interpol. Il a reconnu en revanche avoir rencontré le secrétaire général d’Interpol et le directeur d’Europol pour leur faire savoir que les dossiers judiciaires les concernant n’étaient pas fondés.

Le prévenu a été interrogé vendredi sur sa réaction lors de la perquisition menée à l’Eglise de scientologie à Bruxelles le 30 septembre 1999. A l’arrivée des policiers, il avait tenté de dissimuler des disquettes en les confiant à une membre permanente de l’Eglise de Scientologie et avait cherché à se faufiler à plusieurs reprises, selon les enquêteurs. Il a réfuté cette interprétation des faits. «Je ne savais pas que c’était la police et les policiers parlaient en français», a-t-il expliqué. «Je n’étais pas privé de liberté. Je n’étais pas informé de ce que je ne pouvais pas faire», a-t-il ajouté.

Les disquettes en question avaient été cryptées, via deux logiciels. Elles contenaient des informations qualifiées de sensibles par le président du tribunal Yves Régimont, portant notamment sur le danger d’une surconsommation de vitamines. L’administration de vitamines est intégrée dans les traitements mis en place par l’Eglise de Scientologie. Martin W. a indiqué qu’il s’intéressait aux vitamines en raison d’un projet de réforme législative au niveau européen visant à définir une limite en matière de consommation de vitamines, projet qui n’a pas vu le jour.

Concernant la confidentialité des informations, le prévenu a justifié celle-ci par le risque de piratage informatique. Il a évoqué des attaques envers la Scientologie et «d’autres religions minoritaires», principalement au niveau européen en Allemagne et en France mais également en Belgique. Ces attaques se traduisaient, selon lui, sous forme de discriminations à l’égard de simples paroissiens de l’Eglise de Scientologie dans leur vie au quotidien. «Cela devait venir de quelqu’un ou de quelque part. Des rapports erronés sur la Scientologie étaient diffusés», a avancé le fondateur du bureau européen.

Le prévenu a été interrogé également sur le fait que l’OSA, parfois décrit comme une agence de renseignement, utilisait des codes pour identifier des membres de l’Eglise de Scientologie. Il n’a reconnu pour sa part avoir utilisé un tel code que pour une seule personne, qui ne souhaitait pas être identifiée dans un document.

Lors de la perquisition, les policiers ont trouvé dans le bureau du prévenu des documents avec des articles concernant le juge d’instruction qui était en charge de l’enquête sur l’Eglise de la Scientologie. «Il ne s’agissait que d’articles», a relativisé Martin W.

Le prévenu avait parmi ses missions comme responsable de l’OSA Europe la recherche d’articles critiques à l’égard de l’Eglise de Scientologie au niveau européen. Selon Martin W., l’OSA avait en charge les relations extérieures de la Scientologie, dont les relations publiques envers notamment les organisations gouvernementales et non gouvernementales, les relations sociales et la recherche.

Martin W., qui a intégré la Scientologie à l’âge de 19 ans, a fondé le bureau européen de l’Eglise de la Scientologie en 1990. En 2003, ce bureau a été intégré à la nouvelle ASBL Eglise de Scientologie Europe, où le prévenu était en charge des questions sur les droits de l’homme. Martin W. a reconnu que ses rôles au sein du bureau européen et de l’OSA étaient proches, visant à faire connaître «correctement» l’Eglise de Scientologie. Le prévenu dit ne plus être un membre actif de l’Eglise de Scientologie depuis 2006 mais reste paroissien.