Tout ce qu’il faut savoir sur le djihadiste Abdelhamid Abaaoud, cerveau molenbeekois présumé des attentats de Paris, tué ce mercredi à Saint-Denis (vidéo)

Originaire de Molenbeek, où ses parents tenaient un commerce aujourd’hui revendu, Abdelhamid Abaaoud, de son nom de guerre Abou Omar Soussi, était parti combattre au côté de l’Etat islamique, en Syrie, en janvier 2013. Il avait alors 27 ans et emmenait avec lui son petit frère Younès… 13 ans à peine, qui devenait dans le même temps « le plus jeune djihadiste de l’EI », comme nous vous le révélions alors en exclusivité. « Ils se servent de lui pour faire leur propagande, pour faire croire aux adolescents que c’est facile d’aller en Syrie. Je trouve cela honteux de se servir d’enfants », nous confiait alors Omar, son père, désespéré de ne plus revoir ses enfants.

Le grand public fera réellement sa connaissance le 27 mars 2014. Ce jour-là, Paris Match et la chaîne d’information en continu BFM TV diffusaient une vidéo d’environ deux minutes, montrant plusieurs djihadistes belges et français pavoiser dans un pick-up auquel étaient attachés des cadavres. Abdelhamid Abaaoud se trouvait parmi eux, et conduisait même le véhicule (voir ci-dessous).

Younes Abaaoud, 14 ans, à gauche (D.R.)

Mais le nom d’Abdelhamid Abaaoud restera avant tout, pour la majorité des Belges, lié à la filière terroriste de Verviers, démantelée début de cette année. Au soir du 15 janvier, plusieurs perquisitions étaient menées à Verviers, Molenbeek-Saint-Jean, Bruxelles, Berchem-Sainte-Agathe, Anderlecht et Liedekerke. Treize personnes étaient interpellées, dont cinq placées sous mandat. Ils prévoyaient des attentats imminents sur le sol belge, ciblant notamment le quartier général de la police fédérale, rue Royale à Bruxelles.

Ces plans d’attaques contre des policiers belges auraient été établis depuis la Grèce par Abdelhamid Abaaoud. Activement recherché par la police, il n’a toutefois jamais pu être arrêté et se trouverait toujours en Syrie. En février 2015, il narguait même les autorités belges dans une interview publiée par le magazine de l’Etat islamique, Dabiq. Il y expliquait «  avoir été choisi par Allah avec « Abu-Zubayr et Abu Khalid » (les suspects décédés dans l’intervention de Verviers) pour se rendre en Belgique et terroriser les croisés qui mènent une guerre contre les musulmans.  »

Le dernier cliché d’Abaaoud, pour le magazine de l’Etat islamique, Dabiq.

Abaaoud s’y vantait également de ne pas avoir été identifié lors d’un contrôle de police. «  J’ai été arrêté par un agent qui m’a longtemps observé avant de me comparer à la photo, mais il ne m’a pas reconnu et m’a laissé partir. Ce n’était rien d’autre qu’un cadeau d’Allah. »

En mai 2015, il était donc le grand absent à l’ouverture du procès de la filière syrienne, au palais de justice de Bruxelles. Il écopera toutefois d’une peine de 20 ans de prison.

Il ressurgit aujourd’hui, présenté comme le commanditaire des attentats de Paris. D’après nos informations, le djihadiste aurait endoctriné les frères Abdeslam, qui se seraient radicalisés à force de le fréquenter. Le Monde précise que Salah et Abaaoud ont notamment été incarcérés ensemble en 2010 en Belgique pour des affaires de braquage.

Abdelhamid Abaaoud n’a toutefois pas toujours été ce djihadiste en rupture totale avec la société occidentale. Voici une quinzaine d’années, il fréquentait bien sagement l’un des établissements scolaires les plus huppés de la région bruxelloise, le collège Saint-Pierre à Uccle. Il y était décrit comme « un garçon intelligent mais qui ne semblait pas particulièrement motivé par les cours. »