Voici tout ce qui est bloqué ce lundi à la suite de la grève intersectorielle et de la menace terroriste: actions syndicales reportées ou suspendues à Namur et Tournai

La Belgique vit au ralenti depuis ce week-end. Dans la capitale, le niveau de menace terroriste a atteint son maximum. Les conséquences sont donc nombreuses : métros et prémétros à l’arrêt, de nombreux musées et centres de loisirs ont dû fermer leurs portes et les écoles sont elles aussi bloquées. S’ajoute à cela, la grève en front commun CSC-FGTB menée en Wallonie et plus particulièremenrt dans la région du Hainaut et à Namur. Voici les diverses perturbations dans les différentes régions concernées  :

Dans le sud du Pays

Charleroi

La grève en front commun CSC-FGTB a des effets immédiats dès les premières heures de lundi à Charleroi : il n’y a ni bus ni métro sur les lignes de transports en commun.

La direction des TEC Charleroi a constaté que certains agents avaient placé des bus en travers des entrées des dépôts, empêchant toute sortie de véhicules. Elle a dès lors décidé de fermer les stations de métro. Seul un bus provenant du dépôt de Nalinnes a pu brièvement circuler, indique encore la direction qui placera les attestations nécessaires à ses clients sur son site internet dans le courant de la matinée.

Des piquets ont été mis en place devant une série d’entreprises importantes de la région, qui sont à l’arrêt, comme Aperam à Châtelet, Caterpillar à Gosselies ou l’entreprise de travail adapté Entra, à Heppignies.

Les administrations (Onem, Forem) ont également cessé le travail, tout comme les secteurs de l’administration communale, précise encore le responsable syndical, pour qui la grève, suivie dans le respect des consignes de sécurité, n’a suscité aucun incident.

Tournai

En raison de la grève intersectorielle, plusieurs trains sont à l’arrêt en gare de Tournai. Les lignes Tournai-Mouscron, Tournai-Lille, Tournai-Leuze-en-Hainaut et Mouscron-Ath ne sont plus desservies. En revanche, quelques trains circulent encore vers Mons, précise Infrabel.

La grève est par ailleurs totale au dépôt TEC de Tournai, dont les bus desservent les régions du Tournaisis et de Mouscron, les plus touchées par le mouvement de grogne. Les bus privés circulent toutefois normalement. Dans la région d’Ath-Lessines, où les transports en bus sont essentiellement assurés par des firmes privées, la situation est quasi normale.

Une distribution de tracts expliquant les méfaits du «tax-shift», qui devait se tenir lundi dans le Hainaut occidental dans le cadre de la grève intersectorielle FGTB-CSC dans les provinces de Namur et du Hainaut, a été postposée dans le contexte de menace terroriste de niveau 3.

Une distribution de tracts était initialement programmée à trois ronds-points de Tournai, trois de Mouscron et un rond-point du zoning de Ghislenghien (Ath).

« A la suite des actes barbares perpétrés la semaine dernière à Paris et au relèvement du niveau de la menace terroriste (4 à Bruxelles, et 3 ailleurs en Belgique, ndlr), nous avons décidé en front commun et après concertation avec la police de ne pas mettre en place ces actions de sensibilisation de la population. La tension est déjà suffisante. Ce n’était pas de bon aloi et il y avait des risques pour nos délégués. Les gens sont nerveux. Ces actions sont postposées, tant que l’on est au niveau 3, mais n’ont pas encore été planifiées », expliquait ce midi lors d’une conférence de presse Jean Peeters, secrétaire régional de la FGTB.

Mons et Région du Centre

A Mons, seul un bus sur 10 circule. La situation est tout aussi critique dans la région du Centre.

Spontanément, sans qu’il n’y ait de piquet de grève, le personnel des entreprises Valéo et Husqvarna à Ghislenghien ainsi que Drafil à Mouscron a décidé de faire grève. « Pour le travailleur, le pensionné et le chômeur, le tax-shift est un effet d’annonce. C’est plus de l’illusion qu’une véritable réforme fiscale. C’est la grande désillusion où la fiscalité sera surtout pour les riches. Il y aura encore un certain nombre d’actions en front commun avant le 16 décembre », ajoute Michel Dorchies, permanent de la CSC.

La ville de La Louvière a fermé l'accueil de la Cité administrative de la Ville en raison de la grève.

Namur: action reportée

L'action prévue ce lundi dans le cadre de la grève intersectorielle en province de Namur est reportée à début décembre, «  probablement la semaine du 7 au 12 » , a annoncé lundi matin Luc Giltay, secrétaire général adjoint de la FGTB Namur.

Namur est la province la moins impactée par le mouvement de grève. A l’heure d’écrire ces quelques lignes, tous les bus roulent et le trafic ferroviaire est très peu ralenti.

On notait aussi quelques absences de conducteurs sur l’ensemble des dépôts du Hainaut, ainsi que deux à Namur et un à Liège.

En Flandre, la grève impacte les lignes ferroviaires reliant Binche et Turnhout, Charleroi et Anvers ainsi qu’Anvers et Nivelles.

Le mouvement de grève est organisé par la CSC et la FGTB à Namur et dans toute la province du Hainaut. Les syndicats entendent protester contre les mesures d’économies du gouvernement fédéral.

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Bruxelles

– Transports en commun : métro fermé, trams et bus perturbés, Bruxelles-Schuman fermé, trafic SNCB dans le Hainaut et à Namur perturbé par la grève.

Des chauffeurs de la STIB ont débrayé car « certains chauffeurs ont peur » ou « ont des problèmes pour trouver quelqu'un qui garde leurs enfants » rapporte Xavier Counasse, journaliste pour Le Soir.

– Fermeture des écoles.

- Les administrations communales seront toutes ouvertes.

– Les crèches seront fermées. Les centres commerciaux et de loisirs seront fermés aussi à Bruxelles jusqu’à nouvel ordre.

– Les magasins de la chaîne Carrefour ouvriront leurs portes aux clients lundi dans tout Bruxelles, sauf si les autorités locales demandent spécifiquement le contraire, a annoncé dimanche soir le porte-parole Baptiste van Outryve. Seuls les magasins Carrefour installés dans la station de métro Rogier et à City 2 seront, par la force des choses, fermés, vu la fermeture imposée par les autorités au réseau de transport souterrain et aux centres commerciaux.

- Certaines enseignes seront à l’arrêt  : le Déctahlon d’Evere et d’Anderlecht et l’Ikéa d’Anderlecht, le Westland Shopping d’Anderlecht, le Woluwe Shopping Center de Woluwe-Saint-Lambert ou encore City 2, font partie de la liste.

Des deux côtés, on indique que des mesures de sécurité supplémentaires ont été prises pour assurer la sécurité des clients et du personnel dans les enseignes ouvertes.

Le son de cloche est similaire du côté du concurrent Delhaize, dont les succursales ouvriront à l’exception de celles situées dans les centres commerciaux Westland et Basilix, a annoncé le porte-parole Roel Dekelver.

Consultations annulées et limitations des visites aux Cliniques Saint-Luc

« Les patients ayant rendez-vous pour une consultation sont invités à ne pas se présenter ce lundi », soulignent les Cliniques universitaires Saint-Luc. Les personnes concernées ont été prévenues, dans la mesure du possible, par SMS dimanche soir.

Par ailleurs, « les visites aux patients hospitalisés sont limitées au strict minimum. Les personnes qui n’ont pas de raison impérative de se présenter auprès des patients sont invitées à ne pas le faire », précisent-elles.

L’activité d’hospitalisation se déroulera quant à elle normalement et le personnel est invité à se présenter au travail.

«Aucune menace précise ne pèse sur Saint-Luc. (...) Il s’agit ici de mesures de précautions similaires à celles qui sont prises dans l’ensemble de la région bruxelloise en cette période d’alerte», rassurent les Cliniques universitaires Saint-Luc.

Justice Bruxelloise au ralenti

L’alerte terroriste de niveau 4 en région bruxelloise a des conséquences sur le fonctionnement de la justice. Différents bâtiments sont ainsi fermés aux alentours du Palais de justice qui est quant à lui ouvert mais où les contrôles ont été renforcés. Le bâtiment Portalis, qui abrite le parquet et la maison des juges, n’est pour sa part ouvert qu’aux professionnels.

Au sein du Palais de justice, les audiences des tribunaux correctionnels, des cours d’appel, des chambres du conseil et des chambres des mises en accusation sont organisées. Les contrôles d’accès ont toutefois été renforcés, chacun devant notamment retirer ses chaussures pour passer les contrôles.

Les bâtiment des tribunaux de première instance, du tribunal du travail et du tribunal de commerce sont quant à eux fermés et les audiences, par la force des choses, reportées.