Hervé Jamar, gouverneur de Liège: «J’ai plus vite fait le deuil de ma vie fédérale que mayorale»

En 100 jours, le regard que vous portiez sur la fonction de gouverneur a-t-il changé ?

Ce que je constate c’est que Michel Foret, mon prédécesseur, avait raison quand il me disait : gouverneur ce n’est pas une planque. Je confirme. Aujourd’hui encore, beaucoup de gens assimilent la fonction de gouverneur à un rôle protocolaire qui en réalité se limite à 30 % de mon travail. En tant que commissaire du gouvernement fédéral, je suis un médiateur, un facilitateur si l’on veut, mais mon boulot est aussi un travail d’expériences en terme juridique et ordre public. Et en cela, en dépit de mes connaissances, c’est un nouveau métier et qui me plaît.

Même au prix de devenir apolitique et de ne plus pouvoir assister aux réunions de votre parti, le MR, ni même à sa séance de vœux ?

Je le confesse, la rupture au sens politique, il faut la gérer au niveau humain. Dire le contraire, ce serait mentir.

On sait que vous étiez fort attaché à la fonction mayorale. Vous en avez déjà fait le deuil ?

Ce que je peux dire c’est que j’ai beaucoup plus vite fait le deuil de ma vie fédérale que mayorale. Ma vie de bourgmestre est ce qui me manque le plus. Mais je reste convaincu qu’il était temps de passer la main. Je n’avais plus cette force de créativité. Et surtout j’avais l’impression d’avoir fait le tour. Cela étant, je ne peux pas m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur quand Catherine (son épouse, NDLR) va au conseil communal pendant que je regarde la télévision chez moi.

Une vie fédérale vite oubliée parce que l’expérience était malheureuse ?

Pas du tout. Si Michel Foret avait pris sa retraite plus tard, j’ai l’intime conviction que je serais resté ministre du budget jusqu’au bout. J’ai connu un début un peu chahuté mais je n’ai pas commis d’erreur. Juste peut-être une manière de communiquer trop « hesbaye », trop « communal »

Vous vous voyez terminer votre carrière comme gouverneur ?

A priori, oui, mais comme je suis parfois d’humeur changeante, on ne sait jamais… (petit sourire).

L’interview complète dans la Meuse Huy-Waremme de ce lundi 18 janvier.