Antoine, 12 ans, la terrible disparition: l’enfant emporté dans les égouts, reste introuvable 2 jours après l’accident

« J’ai eu la maman d’Antoine au téléphone dimanche matin, je suis incapable de vous décrire son état. Tant qu’elle n’aura pas son enfant dans les bras, elle voudra toujours croire qu’il est encore en vie », nous confie Martine, une Amaytoise amie de la maman. « On est très mal, on n’a pas dormi. Que dire d’autre… On voudrait tant qu’il soit encore là. C’est dur pour moi de parler d’Antoine. C’est un enfant très doux, très ouvert. Ma fille le gardait en baby-sitting quand il était plus jeune.»

Antoine, 12 ans, une bouille… à croquer ! « Sa maman lui a toujours trouvé des surnoms au fil des âges », nous confie Janine Davignon, échevine à la commune d’Amay. « Antoine, c’était Bébé Antoine, Toinou, Chabi-Chabo ou encore son troll. C’est un petit garçon super chouette, plein de vie. Quand sa maman travaillait encore pour les plaines de vacances aux Mirlondaines et qu’il venait la retrouver à la maison communale, il fonçait vers la fenêtre quand il entendait passer un train. Le train, c’est sa passion.» Anne Chabeau, la maman, a travaillé plusieurs années comme assistante sociale à Amay où elle fut aussi très active au sein du groupe carnaval « Mitchi Pecket ».

Les opérations de recherche du jeune Antoine (12 ans) reprennent ce lundi vers 10 heures

La Cellule Disparitions de la police fédérale, menée par le commissaire Alain Remue, a pris la direction des opérations de recherche. Toutes les zones de police, allant de Huy jusqu’à la frontière néerlandaise, seront avisées.

L’hélicoptère de la police fédérale devra pour sa part, lors de toute mission qu’il devra accomplir dans la région, repasser au-dessus de la Meuse en utilisant sa caméra thermique en vue de retrouver Antoine. Tous les agents des ponts-barrages ont eux aussi été avisés.

Lundi matin, deux bateaux de l’armée et leurs équipages respectifs, une ambulance militaire, un officier de liaison et son véhicule du 4e génie, seront opérationnels et travailleront en lien direct avec la Cellule Disparitions.

Un petit garçon élevé par sa maman

Antoine habite avec sa maman et sa sœur dans un logement social dans la cité Rorive à Amay, « mais il ne traîne jamais en rue », nous dit un voisin. « Sa maman, qui élève seule son fils, est une femme très proche de ses enfants. Elle fait beaucoup de trajets pour eux ». La plupart des copains d’Antoine se trouvent à Huy, où habitent ses grands-parents maternels. C’est là aussi qu’il va à l’école. Il fréquente les Bons-Enfants, il est en 6e primaire.

Samedi soir, son instituteur Michel Matagne postait sur son mur Facebook un émouvant message: « Ce soir, on est tous jaunes et verts ». Référence aux couleurs du foulard du patro des «Ti-Loups de Tihange », dont fait partie Antoine, depuis l’âge de 5 ans.

Foulard jaune et vert

Sur les photos du patro, on le voit danser avec son déguisement, grimacer devant l’objectif, se baigner dans l’Ourthe avec les copains, lors de camps ou de balades. Même s’il ne savait pas encore nager. Il était en train d’apprendre. On le voit aussi, très complice, avec sa petite sœur, Lou, 4 ans. En train de lui faire des câlins ou de lui souffler de grosses boules de savon dans le jardin. Lou fréquente l’école communale d’Ombret (Amay) où l’institutrice a d’emblée manifesté son soutien à la maman.

Antoine, qui est peut-être coincé dans une canalisation souterraine ou qui a peut-être été emporté par les flots de la Meuse, n’a pas encore été retrouvé. Dimanche soir, vers 18h, l’obscurité forçait les secours à interrompre leurs recherches. Qui reprendront ce lundi. Dans le cœur de ses amis et proches, le petitl est toujours là. Sur Internet, une énorme vague d’émotion déferle avec des bougies, des smileys qui pleurent ou encore ce foulard jaune et vert qui apparaît avec ce prénom qui résonne désormais tragiquement, « Antoine ».