Un commissaire UCI après le terrible accident d’Antoine Demoitié: «Personne ne prend le départ d’un Gand-Wevelgem l’esprit serein»

Après l’accident qui a coûté la vie à Antoine Demoitié lors de Gand-Wevelgem, c’est tout le peloton cycliste qui reste sous le choc. Dans le concert de réaction en hommage au coureur wallon, beaucoup s’insurgent du comportement parfois dangereux des véhicules censés suivre les coureurs lors des différents rendez-vous du calendrier cycliste.

Malgré tout, un homme a tenu à prendre le contre-pied de l’avis général. Jean-Pierre Coppenolle, commissaire UCI, s’est confié à la RTBF et a précisé que le nombre de véhicules suiveurs a considérablement augmenté ces dernières années. Avec les risques évidents que cela engendre.

« Lors d’une chute, les directeurs sportifs sont nerveux à l’idée que ce soit l’un de leurs coureurs au sol, donc ils essayent tous d’être là en premier et ça bloque tout. Ensuite, ils veulent reprendre leur place le plus vite possible. Les enjeux sont extrêmement importants, et je crois que la nervosité dans les voitures des équipes rejaillit sur tout le monde, y compris sur les suiveurs. Personne ne prend le départ d’un Gand-Wevelgem l’esprit serein. »

L’exemple Christophe Brandt en 2006

Jean-Pierre Coppenolle, commissaire sur l’épreuve féminine de Gand-Wevelgem ce dimanche, a également tenu à insister sur la préparation en amont indispensable à toutes courses cyclistes.

« Moi, comme commissaire et président de jury dans une épreuve, j’insiste toujours sur la circulation dans la file des voitures derrière le peloton. Normalement, la file des directeurs sportifs se trouve sur la droite de la route. À gauche on retrouve les motos de presse et celles des signaleurs. Théoriquement cette partie gauche de la route doit rester libre pour permettre aux directeurs sportifs de déboîter pour venir à la hauteur du peloton, ou encore pour que les services de secours puissent intervenir. Mais on a beau le rappeler à chaque fois, c’est très difficile à faire respecter. »

En cause pour Jean-Pierre Coppenolle, l’attitude des directeurs sportifs qui cherchent à systématiquement être les premiers informés. «  Les directeurs sportifs veulent savoir tout de suite ce qu’il s’est passé et venir en aide à leurs coureurs. Bien souvent c’est comme cela qu’arrivent les catastrophes parce qu’en cas de blessés, les médecins ne savent pas arriver. Je regrette mais ça met parfois la vie des coureurs en danger. L’un des meilleurs exemples, c’est celui de Christophe Brandt en 2006. Il a été soigné à temps parce que l’ambulance a pu arriver rapidement auprès de lui. Ça s’est joué à quelques minutes. Ce jour-là, la file de gauche était libre. »