Benoit Lugten confirme: Alda Greoli à la Culture et Marie-Martine Schyns à l’Education pour remplacer Joëlle Milquet

Benoît Lugten confirme les deux remplaçantes de Joëlle Milquet. Sans surprise, Marie-Martine Schyns se chargera de l’éducation, la Culture sera confiée à Alda Greoli.

Le changement dépassera donc finalement le simple remplacement de l’ancienne présidente du parti. Confronté à un problème complexe, mais souhaitant aussi profiter de l’épisode pour remettre plus globalement les siens en ordre de marche, Benoît Lutgen a opté pour des modifications multiples. Et importantes.

La plus surprenante - et la plus spectaculaire - est l’arrivée au gouvernement francophone d’une femme de l’ombre du cdH : Alda Greoli. Actuelle cheffe de cabinet de Maxime Prévot à Namur, elle est décrite en interne comme la « Anne Poutrain » du parti. Traduisez : une femme forte, qui à l’instar de son homologue du PS et très intelligente et connaît les rouages politiques et les ressorts d’une négociation mieux que personne.

Benoît Lutgen connaît depuis quinze ans cette fidèle du parti, qui a notamment travaillé dans le secteur de l’éducation permanente. C’est au siège même du cdH qu’il l’a rencontrée, et a eu l’occasion d’admirer sa force de travail. C’est aussi elle qui, chez Prévot, s’est occupée de la mise en place des nouvelles compétences transférées aux entités fédérées par la dernière réforme de l’Etat, dont l’assurance autonomie, l’organisation des soins de santé ou les personnes âgées.

D’origine liégeoise, elle est en cours de retour vers sa terre natale, après un passage par Schaerbeek. C’est donc à celle que ses proches décrivent comme une « machine de guerre épatante » que reviendra la tâche d’imprimer la nouvelle marque cdH au sein du gouvernement Demotte, face à un Jean-Claude Marcourt notamment.

En plus du rôle de numéro 2 du gouvernement, elle s’occupera de la Culture, de la Petite enfance et des Sports. Cette dernière compétence est reprise à René Collin, qui se repliera désormais entièrement sur la Wallonie, où il s’occupe principalement de l’Agriculture et du Tourisme. Collin n’étant payé que par la seule Région, afin d’éviter l’écueil d’un surcoût budgétaire lié à l’arrivée d’un ministre neuf, il nous revient que décision a été prise de réduire les budgets de fonctionnement à due concurrence.

Autre arrivée, plus attendue celle-là : Marie-Martine Schyns. Elle reprendra pour sa part les portefeuilles de l’Enseignemement obligatoire et des Bâtiments scolaires. Son choix résulte d’une volonté d’efficacité immédiate. Ancienne enseignante, la Hervienne avait déjà remplacé Marie-Dominique Simonet dans le même poste à la fin de la législature précédente lorsqu’elle avait dû s’effacer pour mieux soigner le cancer qu’on venait de lui découvrir. Elle pourra donc se plonger immédiatement dans un univers qu’elle connaît, et mener notamment à bien la négociation du Pacte d’excellence initié par Mme Milquet.

Le remaniement fera quelques malheureux. C’est particulièrement le cas de Catherine Fonck, actuelle cheffe de groupe à la Chambre et dotée tant du tempérament que de l’expérience nécessaires pour avoir pu elle aussi espérer hériter du poste. Ses rapports avec Benoît Lutgen, que l’on dit en voie de normalisation, ne seraient pas en cause. Le Bastognard lui réserverait plutôt un destin fédéral dès que possible, comptant sur elle, dans l’intervalle, pour mettre son talent et sa « niaque » au service du groupe de la Chambre, qui mène une opposition qui se veut à la fois dure et constructive face à la Suédoise.

Joëlle Milquet avait annoncé sa démission lundi matin. Trois jours avant, elle avait appris son inculpation par le conseiller près la cour d’appel de Bruxelles, Frédéric Lugentz. L’acte d’instruction s’inscrit dans le cadre de l’enquête ouverte à son encontre sur huit engagements suspects six mois avant les élections de mai 2014.

D’abord suspectée d’emplois fictifs, elle a finalement été inculpée pour prise illégale d’intérêts. Lorsque l’instruction de son dossier sera terminée, la Chambre devra valider ou non sa demande de renvoi devant la cour d’appel pour y être jugée. Lugentz ayant prêté serment ce vendredi à la Cour de cassation, il faudra sans doute quelques mois à son successeur pour terminer l’instruction du dossier, et préparer sa demande de renvoi. Même si elle en sortait finalement blanchie, la chose risque donc de prendre encore pas mal de temps, ne laissant pas présumer un retour dans un gouvernement avant la fin de la législature.