Mort de Steeve Blondiaux, de Morlanwelz, dans un parc à Charleroi: overdose ou assassinat?

Le 15 mai 2013, Allan et Steeve quittent Morlanwelz pour venir faire un tour à Charleroi. C’est dans les buissons du parc Notre-Dame, à la Ville Haute qu’ils se dissimulent pour se faire une injection. Et puis, c’est le drame. Steeve perd connaissance. Malgré l’intervention des secours, le trentenaire décède très rapidement.

inculpé, emprisonné

Son ami Allan est alors entendu et inculpé. Le chef d’inculpation retenu à ce stade est « l’administration d’une substance ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Allan passera plusieurs mois en détention préventive avant d’être finalement libéré sous conditions.

Trois ans après le drame, on en est aujourd’hui au stade du règlement de la procédure, c’est-à-dire qu’il s’agit maintenant de décider si Allan doit comparaître devant un tribunal et dans l’affirmative, pour quelles préventions. En d’autres termes, quel est potentiellement son degré de responsabilité, d’implication dans le décès du malheureux Steeve Blondiaux.

un assassinat ?

S’agissait-il d’un acte volontaire, délibéré voire prémédité ? C’est l’une des thèses en présence, celle des proches de la victime. « On sait que les deux hommes s’étaient disputés la veille, qu’il y avait eu des coups échangés. Et puis, il y a les déclarations à géométrie variable d’Allan Martin, soutient Me Gelay, il a d’abord dit qu’il avait acheté une boulette d’héroïne avant de parler de deux. Puis il a dit que Steeve s’était fait son injection lui-même, avant d’admettre que c’était lui qui avait piqué son ami et qu’il avait dû chercher la veine, ce qui explique les deux ou trois traces relevées sur le bras de la victime. Enfin, les dernières analyses demandées récemment montrent qu’il y avait une énorme différence entre les doses de drogue que les deux hommes avaient dans leur sang. La dose injectée à Steeve était létale! Parce qu’il y avait eu d’autres injections avant? Le décès de Steeve a bloqué la métabolisation, mais on pourrait aller plus loin encore dans les analyses pour en avoir le cœur net. C’est ce que j’ai demandé à la chambre du conseil. Et j’espère bien avoir gain de cause. ».

Un fléau

Ce n’est évidemment pas la thèse développée par Allan Martin et son conseil Me Jean-Edmond Mairiaux…

Ce qui est sûr, dans les deux cas, c’est que l’héroïne a tué un jeune homme de 31 ans, un bon garçon un peu oisif, sans doute, mais qui méritait autre chose que cette issue pathétique dans les buissons d’un parc public. Les proches de tous les toxicomanes y pensent sans doute avec hantise…