"Terroriste", croix gammée...: une Verviétoise retrouve sa maison entièrement saccagée à son retour de vacances en Turquie

En fait, la Verviétoise a appris la nouvelle samedi soir, alors qu’elle était toujours en vacances. « Ma propriétaire m’a contactée via Facebook. La voisine l’avait prévenue que la porte de la maison était entrouverte et que le volet avait l’air cassé », explique-t-elle. Mis à part ça, les voisins n’ont rien vu d’autre. La police a déjà été prévenue dès samedi du saccage, par les voisins, nous confirme-t-on. La locataire est déjà entrée en contact avec les policiers. « Ils m’ont demandé de réfléchir à une personne qui pourrait nous en vouloir. C’est énervant, on cherche, on ne voit pas, et on finit par devenir parano. »

Mais ce n’est que lundi matin, de retour de son voyage, que Leïla constate l’ampleur des dégâts. « La police m’avait demandé de les attendre avant d’entrer dans la maison. » Et là, c’est une vision d’horreur : dans le salon, la salle à manger et la cuisine, tout a été cassé, les murs et du mobilier ont été tagués d’insultes, du mazout a été répandu sur le canapé… « Ils ont même démonté l’arrière du frigo. C’est vraiment de la violence gratuite. »

A l’étage le tableau n’est guère plus reluisant, avec cette fois des croix gammées sur les murs de sa chambre, et à nouveau du mazout sur le lit et les vêtements dispersés dans toute la pièce. « D’après les policiers, les vandales ont essayé de mettre le feu, mais comme c’était du mazout et pas de l’essence, ça n’a pas brûlé ! » Bien maigre consolation. « Dans ma chambre, je peux tout jeter en gros. Je suis dégoûtée, triste et écœurée. »

« Je n’ai pas voulu que mes enfants voient ça, je les ai donc conduits chez mon frère. » Et comme la maison doit rester en l’état tant que l’expert de l’assurance n’est pas passé, la petite famille est logée chez la maman de Leïla, « la maison n’est vraiment pas vivable ainsi ».

Reste à connaître les motivations des malfrats. Seuls une télévision et un vieux PC ont été dérobés. Par contre, on se rend vite compte qu’ils ont bien pris leur temps pour tout vandaliser. Ils connaissaient peut-être même la victime, de confession musulmane, vu que des sigles et mots à caractère raciste ont été tagués sur les murs. « Je suis de confession musulmane mais je ne porte pas le tchador et mon mari n’a pas de barbe, sans bien entendu faire d’amalgames. Je suis une musulmane complètement occidentalisée », souligne Leïla. « Qui peut avoir autant de haine envers nous ? », s’interroge-t-elle.

Leïla habite dans cette maison depuis quatre ans, et a déjà été victime d’un cambriolage. Avec ce nouvel incident, elle ne s’y sent plus vraiment en sécurité et pense déménager.