Apéros (égypto)érotiques au Musée de Mariemont

Arnaud Quertinmont, Égyptologue, Docteur en Histoire, Art et Archéologie, appelle un chat un chat. Et Bastet, la plus féline des déesses, ne le contredira pas. « Si le monde ne s’est pas fait en un jour, les Égyptiens n’y sont pas allés de main morte pour féconder une cosmogonie capable de nous envoyer au 7e ciel, assure Arnaud. Promis juré, nous n’aurons pas notre langue en poche pour dévoiler quelques versions HATHORrides (NDLR : Hathor est la déesse… de l’amour !)  de la vie sexuelle des pharaons et autres divinités antiques ». C’est la conteuse et récitante Marielle Vinckenbosch qui aura pour agréable mission de lever les sept voiles. La visite préalable de « Dieux, Génies, Démons » centrée sur ces divinités égyptiennes qui nous fascinent tellement, est une exposition extrêmement fouillée, 100 % scientifique, articulée autour des mythes et qui démontera plus d’un stéréotype chez les égyptophile du dimanche que nous sommes tous en général. On y découvre que les dieux égyptiens sont des entités ambivalentes, complexes, pas toujours identifiées… Une « religion » qui est une manière d’expliquer l’univers, la nature. Une physique et une métaphysique. En Égypte ancienne, rien n’est jamais blanc ou noir. Plus un dieu est monstrueux et plus il peut s’avérer protecteur. À la fois malveillants et bénéfiques, les dieux incarnent la lutte quotidienne entre le Créé organisé et l’Incréé chaotique. L’apEROS qui suit (plus les + de 18 ans only) se focalise sur l’aspect sexuel de cette mythologie, prépondérant chez les Égyptiens.

Le saviez-vous

De la bouse de crocodile... contraceptive

La recette, vieille de 3.800 ans a été exhumée par les archéologues. Celle d’une étrange mixture composée de miel et de... bouse de crocodile. Et que les Egyptiens utilisaient comme moyen contraceptif.

Les Egyptiens faisaient de préférence l’amour par temps de canicule, alors que la température dépassait allègrement les 40°! On suppose que c’était pour être «raccords» avec le Nil, dont la crue subite avait lieu en plein été. Ce qui permettait aux terres d’être fertilisées. Pour les Egyptiens, le sexe était sacré et créateur de vie.

En Egypte ancienne, L’inceste et l’adultère se pratiquaient couramment. Comme quoi les tabous varient en fonction de l’histoire et de la culture. Les archéologues ont ouvert de grands yeux en découvrant certains papyrus! Bien que sacrés, ils apparaissentaux yeux des non initiés comme carrément pornos.

Selon Kent Weeks, archéologue à l'université américaine du Caire, Ramses II se vit offrir pour ses 15 ans une épouse, une douzaine de concubines et les clés de tous les harems d'Egypte. Après la mort de sa préférée, la reine Néfertari, (grande épouse royale avec laquelle il eut 10 enfants), il épousa leur 3e fille. On lui attribue plus de 120 enfants . Lors d’une cérémonie annuelle, il devait se masturber en )public afin que sa semence féconde les eaux du Nil.

La langue égyptienne comportait une bonne vingtaine de mots pour désigner l'acte sexuel.

Les Egyptiens avaient leur propre fête... de la bière qui débouchait sur des orgies collectives. Un rituel qui se déroulait tous les ans, fin août. Une soûlerie collective, censée leur permettre d’entrer en communication avec les dieux tout en atteignant... le 7e ciel.

sont programmés durant toute la durée de la triple exposition : le jeudi 30 juin, le 8 septembre, le 13 octobre et le 17 novembre. Il est indispensable de réserver : 064/27.37.41 – accueil@musee-mariemont.be – PAF : 7€ / personne