Diables rouges: mais qui es-tu, Christian Kabasele?

En football comme partout ailleurs, le malheur des uns fait inévitablement le bonheur des autres. Et l’hécatombe que connaît actuellement Marc Wilmots dans son secteur défensif en fait, des heureux/malheureux! Comme Laurent Ciman avant lui, Christian Kabasele a appris ce lundi qu’il pouvait rejoindre l’équipe nationale à une dizaine de jours du début de l’Euro, suite aux défections conjuguées de Nicolas Lombaerts et de Dedryck Boyata.

Il prendra donc part à la grande fête française qui débutera le 10 juin prochain. Mais qui est vraiment ce grand garçon de 25 ans que peu de supporters, en dehors de la province de Liège, connaissent vraiment?

Ancien international chez les jeunes, Kabasele a connu un parcours assez atypique, quelque part similaire à celui qu’ont connu Thomas Meunier, Jordan Lukaku ou Daniel Van Buyten, l’un de ses modèles. Car avant de devenir le défenseur central intransigeant qu’il est désormais aux côtés de Sébastien Dewaest à Genk, Kabasele a débuté comme… attaquant de pointe. À Eupen d’abord, où il a connu la montée de D2 en D1 et une demi-saison en D1 (en 2010-11, où il n’a joué que des bribes de matches), à Malines ensuite, où il avait inscrit un seul but (en playoffs 2) lors de la seconde moitié de cette même saison.

Parti tenter une aventure exotique en Bulgarie, à Ludogorets, Kabasele en revint assez déçu, ayant notamment dû supporter les insultes racistes du public local, qui lui crachait sa haine en lui lançant des bananes.

« Mon destin »

Très attaché à Eupen, Kabasele y revint en D2 et y disputa deux bonnes saisons, ce qui attira la convoitise des dirigeants genkois. « J’avais reculé dans le jeu un peu par hasard, suite à la blessure de Diagne », rappelait-il récemment. « L’entraîneur m’avait testé en tant que défenseur central et cela s’était plutôt bien passé. Vous savez, pour réussir une carrière, il faut parfois un brin de chance, mais aussi poser les bons choix aux bons moments. Si j’étais resté attaquant, j’aurais peut-être pris plus de plaisir mais je ne serais certainement pas à Genk. C’était mon destin de devenir défenseur. »

Rapidement, aux côtés de Kara Mbodj, Christian Kabasele avait fait son trou pour sa première saison complète en D1. Il fut même rapidement cité comme un candidat potentiel à l’équipe nationale. « Mais à moins d’une épidémie de grippe, je n’ai aucune chance pour l’instant parce que je ne suis pas au niveau des meilleurs défenseurs belges », avait-il lâché à la fin de la saison 2014. « Je dois progresser à tous les niveaux, parce que je n’ai pas eu de formation spécifique pour jouer en défense centrale. Je dois améliorer mon positionnement, ma relance, mon agressivité dans les duels. Mais le départ à la retraite de Van Buyten et l’exil de Ciman offrent certaines perspectives à moyen terme. »

Depuis, Kabasele a clairement franchi un palier. Cette saison, il a disputé les 42 rencontres de championnat dans leur intégralité, à un excellent niveau. Reste à savoir si les belles choses qu’il montre en Pro League sont suffisantes pour le haut niveau international.

Preuve que les Diables rouges trottaient encore dans un coin de sa tête, Christian Kabasele avait en tout cas refusé une proposition de la République démocratique du Congo de se joindre à l’équipe pour la Coupe d’Afrique des nations, en janvier 2015.

Aujourd’hui, même si ses chances de jouer restent extrêmement maigres, il ne doit nullement regretter ce choix, lui qui vivra l’Euro de l’intérieur, dès le début du mois de juin. Et tant pis pour ses vacances!