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Le Liégeois Albert Syben a boxé contre Mohamed Ali en 1979: "A un moment, j’ai cru qu’il allait me bouffer..."

Le 1er juin 1979, un Liégeois a boxé contre « The Greatest ». Albert Syben, multiple champion de Belgique, est à ce moment-là au top de sa carrière. Il est choisi par le comité olympique pour disputer un gala d’exhibition contre le champion américain.

« C’était organisé par la marque Fiat, qui sortait un nouveau modèle à l’époque », indique-t-il. « On me l’a proposé et au début, j’ai refusé car je n’allais pas être payé. À l’époque, je vivais de la boxe, j’étais pro et je devais être rémunéré pour mes prestations. Deux jours avant le match, j’ai finalement accepté. Et je suis content car je pense que je l’aurais regretté toute ma vie. »

Le boxeur rencontre Ali la veille de la rencontre. « J’étais stressé ! Si j’ai commencé la boxe, c’est grâce à lui. Cet homme a changé toutes les normes de mon sport. Avant, on boxait avec force. Lui, c’était l’abeille, il volait avant de piquer. Le match s’est tenu en 6 rounds. Pendant une exhibition, on retient ses coups mais surtout, on tente des choses qu’on n’ose pas généralement. Je me souviens de son jab du gauche qui était d’une rapidité incroyable et qui partait de la hanche. Et puis, au 3e round, il s’est levé de son coin, m’a regardé et a essayé de me cadrer dans le ring. Il m’a lancé un regard tellement hypnotisant que j’ai cru qu’il allait me bouffer… (sic) »

Après le match, Albert Syben et Ali partageront un repas.

« J’ai découvert un homme humble, disponible. On a parlé boxe, famille, il a pris des photos avec mes enfants mais on était tout le temps interrompu. » Alors depuis hier matin, toutes les images de la rencontre ressurgissent dans la mémoire du Liégeois.

Cette rencontre changera l’après-carrière du champion liégeois. Aujourd’hui, il travaille au PAB (Peloton Anti-Banditisme) de la police de Liège.

« Maintenant, je suis dans les bureaux mais à l’époque où je patrouillais à Droixhe, cet épisode de ma vie a facilité le contact avec les jeunes du quartier. J’étais quand même celui qui a boxé avec Ali. Ça a instauré un certain respect. »

Depuis, c’est d’ailleurs dans ce quartier qu’Albert Syben a fondé son école de boxe. Et 4 ou 5 fois par mois, il enseigne aussi aux policiers du PAB le secret de ses meilleurs enchaînements. «  Son jeu de jambe, c’était inné chez lui. Ça, on ne sait pas l’apprendre… »

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